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OGM Plus de la moitié des parcelles d’essais ont été détruites en 2004

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La présentation du rapport d’activité de la Commission du génie biomoléculaire (CGB), le 13 juin à Paris, a été l’occasion de faire un bilan des arrachages d’essais transgéniques survenus en France en 2004. Vingt-six parcelles d’expérimentations ont été détruites sur les 48 que comptait à l’époque le territoire français.

« C’est à partir de 2004 qu’on a commencé à souffrir des destructions d’essais», a commenté Marc Fellous, le président de la CGB. Cette année-là, pas moins de 26 parcelles furent arrachées par des opposants aux plantes transgéniques. La quasi totalité des fauchages (25 sur 26) touchèrent des cultures de maïs génétiquement modifiés. Une parcelle expérimentale de café OGM en fit également les frais. Ces destructions laissèrent indemnes une série

et le peuplier (2 parcelles). Dix-sept parcelles de maïs transgénique furent également épargnées. Au total, la superficie des expérimentations était de 7,2 hectares, pour des OGM concernant majoritairement des résistances aux insectes et/ou des tolérances à des herbicides (10 dossiers sur 17). Les autres OGM concernaient la résistance aux stress (un dossier) et la modification de la qualité (6 dossiers). Pour ce qui est des cultures commerciales OGM autorisées, 17,5 hectares de maïs MON 810 et BT176 (sur 28 parcelles) furent cultivées en France en 2004.

Un essai à visée médicale en 2005

En ce qui concerne 2005, onze nouveaux essais ont été autorisés par les pouvoirs publics pour une surface de 53 hectares soit 7 fois plus qu’en 2004. Parmi ceux-ci, figure une expérimentation importante (20 hectares) de maïs OGM mis au point par l’entreprise Meristem Therapeutics, destinée à produire de la lipase gastrique. Cette lipase devrait être utilisée pour tenter de traiter les malades de la mucovicidose. Elle sera administrée en 2006, lors de tests, à 100 à 200 patients, pendant six mois, avant une demande d’autorisation de mise sur le marché.

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Refonte des structures d’évaluation

Par ailleurs, Marc Fellous et Antoine Messéan, respectivement président et vice-président de la CGB, s’attendent dans les mois qui viennent à une refonte du dispositif d’évaluation des OGM, dans la foulée du rapport parlementaire Le Déaut-Ménard. « Les échos sur la réforme en cours sont très fluctuants », expliquent-ils, tout en se refusant à entrer dans le détail des rumeurs. « Nous, ce que nous souhaiterions, c’est que la CGB se recentre sur l’évaluation scientifique, et que les autres aspects tels que les effets socio-économiques, les bénéfices supposés, etc., soient du ressort d’une instance plus adaptée», explique Marc Fellous. Le patron de la CGB précise que l’évaluation de ce dossier a été « particulièrement stricte » et que le risque de fuite dans l’environnement est « quasi nul ».

La Commission du génie biomoléculaire est chargée d’évaluer les risques pour la santé publique et pour l’environnement des disséminations volontaires d’OGM, soit au titre de la recherche (essais en plein champ) soit pour la mise en culture.