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Distribution/Résultats Plus d’international et un retour aux fondamentaux en France pour Casino

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Le groupe de distribution français Casino a annoncé le 21 février des résultats 2012 en forte hausse, principalement liés à la consolidation intégrale du groupe brésilien GPA, qui fait que plus de la moitié des ventes du groupe est désormais réalisée à l’international. Son président-directeur général Jean-Charles Naouri n’entend pas pour autant délaisser la France. Mais il veut se recentrer sur « les fondamentaux du commerce, par une baisse des prix notamment en hypermarchés s’accompagnant d’une baisse des coûts ».

Casino a publié pour son exercice clos au 31 décembre, un chiffre d’affaires en hausse de 22,1% à 41 971 millions €, reposant sur une croissance organique de 3,5%, et un effet périmètre positif de 20,3% et un effet de change négatif de 1,6%. La progression du chiffre d’affaires est principalement le résultat de la consolidation totale des résultats du groupe brésilien (et non plus à la proportionnelle à hauteur de 40,32%) Grupo Pao de Açucar. Celui-ci, désormais sous contrôle majoritaire de l’enseigne stéphanoise, participe largement à la croissance de 45,7% due à l’effet périmètre et conforte les bons résultats des autres filiales à l’étranger (8,5% de croissance organique toutes zones confondues). La part du chiffre d’affaires réalisée à l’international est passée de 45% à 56%, après une progression de 50,7% pour atteindre 23 524 millions. Dans l'hexagone, marché historique du groupe, le chiffre d’affaires est en repli de 0,8% à 18 447 millions.

Le résultat opérationnel du groupe est en hausse de 29,3%, franchissant « pour la première fois » la barre des 2 milliards d'euros, tandis que le du bénéfice net du groupe gagne 84,4%, à 1,06 milliard. Le résultat opérationnel des sociétés internationales représente 1 316 millions, soit 66% du total. De son côté, le ROC de la France baisse de 8,6%, à 685 millions d'euros, avec une marge opérationnelle de 3,3%, en baisse de 0,41 point.

Priorité à la baisse des prix et coûts

Bien que pariant sur l’international comme moteur de sa future croissance, Casino souhaite enrayer l'érosion des ventes dans un « contexte de consommation peu dynamique », et redynamiser le commerce en France. Cela passera par une baisse des prix, notamment en hypermarchés. Le groupe ne veut pas se lancer dans une guerre des prix face à ses concurrents, notamment par media interposés. Jean-Charles Naouri juge par ailleurs que les seuls arbitres des différences de prix entre les distributeurs doivent être les panels IRI ou Nielsen et non les enseignes elles-mêmes. Sans vouloir dévoiler sa stratégie tarifaire qui doit rester secrète, il reconnait que le groupe « a été un peu décalé en hypermarchés face à ses concurrents ». Il veut aborder ce handicap de prix « frontalement, car la bonne assise que procure l’international le permet ». Il souhaite donc un repositionnement sur le format des hypermarchés, sans remettre en cause celui des autres enseignes du groupe. Cela ne devrait pas tant concerner les marques propres ou premiers prix, où il s’estime compétitif, que les marques nationales. Les baisses de prix se feront par des économies sur les coûts, assure-t-il, et une réduction des efforts promotionnels, une simplification des organisations, ou des concepts plus frustres des magasins. Aucun plan social ne devrait en résulter.
Casino compte également s'appuyer sur ses formats de proximité (Franprix/Leader Price/Monoprix), qui avec ses 6 000 magasins sont « porteurs et représentent désormais plus de 50% du chiffre » du groupe en France, a indiqué le p.-d.g. Enfin, la stratégie de synergies entre les points de vente physiques et internet, qui est « la voie de l'avenir » sera renforcée, avec le développement de points relais et de corners C-Discount en magasin ou encore l'expansion du parc « drive » (88 drives accolés en magasins et 6 drives solo à fin 2012), sans toutefois vouloir donner de chiffres. À l'international, , Casino prévoit de se renforcer dans les marchés où il est déjà présent (Brésil, Viet Nam et Thaïlande) , élargissant peut-être son rayon d’action autour de la Colombie, mais ne s'implantera pas sur de nouveaux pays. Il exclut ainsi d’aller en Inde ou Chine.

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