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Espagne Plusieurs fleurons de l’agroalimentaire annoncent leur départ de Catalogne

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Près de 540 entreprises installées en Catalogne ont déménagé leur siège social vers d’autres régions espagnoles depuis le 1er octobre. Les entreprises agroalimentaires sautent le pas ou s’interrogent.

Depuis le 1er octobre et le référendum contesté sur l’indépendance de la Catalogne, le monde économique catalan dans sa grande majorité ne cache pas son inquiétude. La perspective d’une sortie brutale de la Catalogne de l’Espagne, doublée d’une exclusion automatique de l’Union européenne a déjà poussé un demi-millier d’entreprises à déménager leur siège social vers d’autres régions d’Espagne. Ainsi, six des sept entreprises catalanes qui figurent dans l’Ibex, l’index de la Bourse de Madrid, ont déjà transféré leur siège, telles que Caixabank, Gas Natural, Sabadell… Elles pèsent 75 milliards d’euros en Bourse.

Le monde agroalimentaire n’échappe pas à cette règle. Ce sont des entreprises emblématiques qui se sont ainsi positionnées. Freixenet, le producteur de cava (529 M€ de CA), a été un des premiers à annoncer son intention de transférer son siège social mais n’a pas mis pour l’instant sa menace à exécution. Un conseil d’administration est prévu à la fin du mois d’octobre pour évoquer cette opportunité.

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Son concurrent Codorniu (233 M€ de CA) a déjà transféré son siège social en Rioja, autre région viticole espagnole où la holding de tête du groupe possède des propriétés viticoles. Porteur de marques prestigieuses de l’univers du petit-déjeuner, Idilia Foods (ex-Nutrexpa, 173 M€ de CA), entreprise créée à Barcelone en 1940, a également annoncé son départ vers Valence. Le brasseur Mahou San Miguel (1,22 Mrd€ de CA), a lui aussi annoncé sa fuite de Catalogne avec le rapatriement du siège social de sa filiale, Cervecera San Miguel, vers Malaga où le groupe possède une autre usine.

Certaines entreprises n’ont pas encore pris de décision, c’est le cas de Lidl qui se dit très « attentive » à l’évolution de la situation sociale et politique dans la région. Mais aucun changement n’est à l’ordre du jour « tant que le contexte juridique n’évolue pas. » La fuite n’est probablement pas terminée, mais pour les petites entreprises dont l’activité est limitée à la seule Catalogne, l’équation est cruelle.