A l'issue d'une enquête sur 21 millions d'entreprises européennes, Mazars Corporate Finance (CF) a tiré des enseignements sur les principaux facteurs qui leur permettent de traverser les périodes de crise. Matthieu Boyé, directeur de Mazars Corporate Finance, secteur agroalimentaire, répond à nos questions.
LE cabinet Mazars CF a mené une vaste enquête sur la performance des PME européennes entre 2008 et 2013. Au sein de ces 21 millions d'entreprises, 99,8 % sont des PME, dont 7,8 % sont des « petites et moyennes entreprises » et 92 % sont des « micro-entreprises », de moins de 10 salariés. Toutes ensembles, elles emploient 87 millions de personnes et génèrent une valeur ajoutée de 3 400 milliards d'euros. Des PME qui constituent « un ressort clé pour la croissance en Europe », mais qui ont été particulièrement malmenée par la crise ces dernières années. De fait cette étude « fournit une analyse, des enseignements et des conseils aux PME, quels que soient le lieu de leur implantation et leur secteur d'activité, afin de mieux comprendre leurs spécificités, les défis auxquels elles sont confrontées, et mieux identifier les leviers de croissance pour leur développement », expliquent les auteurs.
DE BONS FONDAMENTAUX POUR MIEUX TRAVERSER LA CRISE
Les experts de Mazars CF en ont tiré 6 six enseignements clés pour permettre aux PME de sortir du lot. En premier lieu, ils recommandent « dans un marché en pleine évolution » de ne pas considérer le positionnement de l'entreprise comme définitif. Ensuite, ils mettent en avant l'importance de la valeur ajoutée et l'innovation, sachant que « dans certains cas, et en particulier sur les marchés de niche, cette amélioration pourrait nécessiter des regroupements et fusions, un repositionnement significatif sur les marchés ou une politique de soutien aux PME permettant aux plus petites de profiter des possibilités d'innovation, y compris dans le cadre du programme Horizon 2020 ». Discipline et fondamentaux financiers qui sont autant de « filets de sécurité caractéristiques des PME qui sortent du lot » arrivent en troisième position de leurs recommandations.
LA QUALITÉ DE L'ÉQUIPE DE DIRECTION PRIMORDIALE
Vient ensuite la notion de taille critique, un critère indispensable pour « répondre aux exigences spécifiques de compétitivité et de performance sur chacun des marchés visés ». Les PME doivent donc être ouvertes aux fusions, alliances et joint-venture pour s'en sortir, à moins, si elles préfèrent conserver une petite taille « de se positionner sur un marché de niche, et de s'intégrer parfaitement à ses chaînes d'approvisionnement et à l'ensemble de son écosystème pour conserver le bénéfice d'une taille critique ». Vient ensuite l'obligation d'internationaliser son activité, au risque sinon « d'une plus grande dépendance à la demande domestique ». Et enfin, les experts de Mazars CF terminent sur l'importance du facteur humain, jugeant que « la qualité de l'équipe de direction est l'élément le plus décisif dans le succès ou l'échec d'une PME ». Selon eux, « cette équipe doit rester concentrée à court et à long terme sur quatre principaux leviers de performance : la position sur le marché, l'offre client et la performance commerciale, la qualité de la production et du service client, la gestion financière, de la performance et des risques et la direction, et le management des individus et des équipes ».
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Pour retrouver l'étude complète http: //www.mazars.fr/Accueil/News/Publications/Enquetes-et-Etudes/PME-Commentsortir-du-lot
L'étude a porté sur les micro-entreprises (< 2 M€ de chiffre d'affaires et 10 salariés), les petites entreprises (< 10 M€ CA et 50 salariés) et les moyennes entreprises (< 50 M€ CA et 250 salariés).
Parmi les 28 Etats membres de l'UE, 8 pays ont fait l'objet d'une analyse plus approfondie : Allemagne, Espagne, France, Irlande, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Suède. Quatre typologies d'activité ont été étudiées : industrie, commerce, services et BTP. Les services concentrent 46 % du volume d'entreprises, 41 % de la valeur ajoutée produite et 39 % des emplois. L'industrie ne pèse que pour 10 % du volume et 22 % en valeur ajoutée et en emplois.
Le commerce et le BTP totalisent 28 % et 15 % du volume d'entreprises.