Les résultats de l’enquête menée auprès de PME et d’ETI tous secteurs confondus dans le cadre du baromêtre Coe-Rexecode/Bpifrance Le lab montrent que 61 % d’entre elles ont des difficultés de recrutement, un problème perçu comme le principal frein à leur développement. Les niveaux de qualification et d’expérience sont cités comme les principales barrières. Pour y remédier, les entreprises prévoient de modifier leur mode de recrutement.
Selon le nouveau Baromètre trimestriel lancé par Coe-Rexecode et Bpifrance Le lab, les difficultés de recrutements sont plus que jamais perçues comme le principal frein à la croissance devant la concurrence. Les résultats de ce baromètre publié pour la première fois le 15 mai sont issus d’une enquête réalisée auprès des dirigeants de PME et ETI* sur la trésorerie de leur entreprise, les délais de paiement clients et fournisseurs, l’accès aux financements et leurs projets d’investissements, avec un focus d’actualité sur les causes et les conséquences liées aux difficultés de recrutement. Chaque trimestre, une thématique spécifique sera analysée en fonction de l’actualité et de l’évolution de l’environnement économique des entreprises, précise le centre de recherche.
De fait, les difficultés de recrutements sont "citées par 52 % des entreprises interrogées et leur importance ne cesse de croître", souligne le centre d’observation économique. À noter que les problèmes de recrutement figurent en tête des trois principales contraintes les plus citées depuis le début du baromètre et sont en première position depuis la quatrième édition consécutive (ce baromètre trimestriel existe en interne depuis juin 2017). Si les problèmes de recrutement touchent l’ensemble des entreprises, "les PME et les ETI apparaissent comme les plus vulnérables puisque les "talents" ont tendance à s’orienter en priorité vers les grandes entreprises", explique Bpifrance Le Lab dans son étude "Attirer les talents dans les PME et ETI" publiée en janvier dernier. La concurrence arrive en deuxième position des principaux freins, citée à 47 % par les entreprises, contre 48 % le trimestre précédent. Arrive ensuite l’insuffisance des fonds propres, pour 24 % des personnes interrogées, en augmentation régulière, alors que la réglementation spécifique à leur activité (21 %) est moins pesante.
Alors qu’en 2018, 86 % des entreprises de l’échantillon des patrons de PME et ETI ont des projets de recrutement, 61 % d’entre elles "ont rencontré des difficultés pour recruter le personnel nécessaire au développement de leur activité", révèle l’enquête. Et "ces difficultés affectent d’ores et déjà l’activité de 46 % d’entre elles et 44 % le craignent".
Pour 81 % des chefs d’entreprise, l’absence de candidats "adaptés" est la principale difficulté rencontrée. Et pour trois quarts des entreprises, "l’adéquation de leurs attentes à celles des candidats est difficile à établir". Le niveau de qualification et d’expérience est également cité comme une barrière pour 45 % et 26 % respectivement des personnes interrogées. Le salaire n’est cité que dans 20 % des cas comme pouvant freiner le recrutement, contre 23 % en juin 2017.
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Face à des difficultés, les dirigeants prévoient de faire évoluer l’organisation générale de leur entreprise (64 %), leur politique de recrutement (60 %), le profil des postes à pourvoir (50 %) et le recours à la main-d’œuvre externe (48 %). Et plus en détail, la modification des modes de recrutement, utilisant notamment les réseaux sociaux, revient dans 55 % des cas. Le recours à l’intérim est cité par un tiers des PME/ETI, alors que 27 % d’entre elles envisagent de proposer des salaires plus élevés et 21 % d’abaisser leurs exigences en termes de qualification ou encore de modifier le mode de contractualisation (17 %). En revanche ces difficultés de recrutement n’incitent pas les patrons de PME/ETI à recourir à l’automatisation des tâches, puisque seulement 13 % y sont favorables et encore moins à la mise en place de mobilité ou de télétravail (4 %).
numérique du 10 au 18 avril 2018, après de PME des secteurs marchands non agricoles, de 1 à moins de 250 salariés et réalisant moins de 50 M€ de chiffre d’affaires.