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Spéciale Rétrospective Poduction : Ce qui s’est passé en août

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Séance de rattrapage pour tous ceux qui n’auraient pas suivi l’actualité de cet été avec Agrafil : retrouvez l’essentiel de nos informations parues ce mois d’août, hormis celles dont l’actualité se poursuit et qui vous ont été développées dans le numéro précédent ou dans celui-ci.

AGPB : des baisses d’aides directes « fortement sous-estimées » par le ministère de l’Agriculture
« Les baisses d’aides directes entre 2010 et 2019 qui apparaissent dans les simulations sont, comme le reconnaît le ministère, fortement sous-estimées », pointe l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), dans un document mis en ligne le 29 juillet. Ce texte fait référence aux quatre scénarios présentés au début du mois, par le ministère de l’Agriculture – en vue d’incarner la voix française de la Politique agricole commune. Or, l’AGPB note dans la proposition ministérielle que les baisses d’aides directes ne tiennent pas compte ni de la baisse de l’enveloppe totale des paiements directs, ni des prélèvements supplémentaires sur cette enveloppe au titre des aides couplées et des jeunes agriculteurs. En particulier, au lieu des 6 % de baisse présentés dans le scénario 2 (pas de paiements redistributifs et convergence à 60 %) pour les aides moyennes en grandes cultures, l’AGPB évalue la régression à 20 % pour une exploitation moyenne. Dans le scénario 3 (30 % de paiements redistributifs, convergence à 100 %), la différence est encore « plus flagrante », démontre l’AGPB. La ligne à suivre, selon l’organisation est d’ « impérativement éviter que la redistribution des aides Pac expose les producteurs de grains français à de lourdes distorsions par rapport à leurs homologues européens ». Ce qui est précisément provoqué avec le paiement redistributif tel qu’envisagé dans le scénario 3, poursuit-elle. Il est, enfin, « absolument nécessaire » selon elle, de prendre en compte la situation des exploitations des zones à faible potentiel, « plutôt grandes par la taille mais à plus faibles rendements et références historiques de DPU », estime encore l’AGPB.
 
LCL : Hausse des livraisons d’engrais attendue pour 2013
C’est en raison de l’augmentation du revenu agricole qu’une hausse des livraisons d’engrais devrait être constatée pour 2013, note LCL dans une étude rapportée le 26 juillet par l’Union des industries de la fertilisation (UNIFA), sur son blog. Les prix bas de l’urée devraient également concourir à cette progression, en libérant du pouvoir d’achat pour les autres types d’engrais. La hausse des surfaces en maïs et tournesol bénéficierait aussi aux livraisons, « même si les mauvaises conditions climatiques du printemps freinent cette perspective », précise l’étude. Avec ces 3 % annoncés, le secteur des engrais est celui qui connaît la plus forte prévision. L’agroalimentaire devrait en revanche connaître une légère baisse de 0,7 %, « ses industriels ne devant pas trouver les relais de croissance nécessaires à la reprise », ajoute encore LCL.
 
Encéphalopathie spongiforme bovine : allégement du dispositif de surveillance à l’abattoir
Les conditions auxquelles doivent satisfaire les abattoirs d’animaux de boucherie pour la production et la mise sur le marché de viandes fraîches ont été révisées, selon un arrêté du 19 juillet paru au Journal officiel du 27 juillet. Concrètement, le test de dépistage de l’ESB rendu obligatoire sur certains bovins, en situation particulière, est repoussé aux animaux âgés de plus 48 mois, au lieu des 24 mois jusqu’ici en vigueur. La mesure intéresse les bovins accidentés abattus à l’abattoir, les bovins abattus d’urgence en dehors d’un abattoir, les taureaux mis à mort dans le cadre de corridas et les bovins présentant lors de l’inspection ante mortem une ou plusieurs anomalies.
 
Suppression de mesures sanitaires pour les EST ovines et caprines
La liste des mesures de police sanitaire relatives aux encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) ovines et caprines a été révisée, selon un arrêté paru au Journal officiel du 27 juillet. En particulier, les mesures concernant les restrictions de mouvements des animaux des espèces ovine et caprine issus des exploitations au sein desquelles un cas de tremblante atypique a été confirmé, sont supprimées. Ainsi : il n’est plus interdit d’expédier les animaux vers un autre État membre et de vendre ou de céder des animaux. Cependant, la surveillance du cheptel présent sur une exploitation où un cas de tremblante atypique a été confirmé est maintenue, pendant une durée de deux ans. À savoir, des tests de dépistage aux EST devront être effectués sur les animaux de plus de dix-huit mois abattus et morts. Ces mesures font suite à la révision du règlement (CE) 999/2001 fixant les règles pour la prévention, le contrôle et l’éradication de certaines EST. Le texte estime qu’en l’absence de différence statistique des fréquences observées de la maladie entre la population générale et les troupeaux dans lesquels un cas positif a été identifié, les mesures de restriction à la circulation des animaux ne sont plus justifiées.
 
Plans de campagne : la Commission européenne ouvre une procédure contre la France
La Commission européenne a déposé le 17 juillet un recours en manquement, devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), contre la France. En cause : le gouvernement français n’est pas parvenu à faire appliquer la décision du 28 janvier 2009 de la Commission européenne, relative aux plans de campagne. À savoir, le remboursement de ces aides nationales octroyées entre 1992 et 2002 à la filière des fruits et légumes, par l’entremise d’Onifhlor (Office national interprofessionnel des fruits, des légumes et de l’horticulture) et de certains comités économiques agricoles. Plusieurs organisations de producteurs (OP) ne sont en effet toujours pas parvenues à rembourser la somme réclamée – notamment des ex OP sans transfert de propriété (les OP syndicales ou associatives). Afin d’accélérer les démarches de remboursement, l’administration centrale française avait envoyé mi-mars des courriers de rappel auprès des OP et Stéphane Le Foll avait annoncé « des mesures d’accompagnement ». Des remboursements ont été effectués depuis, assure le ministère. Mais nombreux se trouvent toujours dans l’incapacité de rembourser. Coincé, le gouvernement est désormais sous le coup d’une sanction. La CJUE devrait rendre sa décision dans un an.
 
Rénovation du verger : les demandes d’aides à déposer jusqu’au 30 septembre
Les demandes d’aides à la rénovation du verger doivent être adressées au siège de FranceAgriMer au plus tard le 30 septembre de cette année, tant pour la campagne 2013-2014 que pour la campagne 2014-2015. Dans le bulletin officiel du 2 août du ministère de l’Agriculture, la direction générale de FranceAgriMer indique que les décisions d’acceptation des dossiers seront délivrées dans la limite des crédits disponibles. Les demandes déposées après épuisement des crédits disponibles feront l’objet d’un courrier de rejet au même titre que les demandes inéligibles ou incomplètes, précise-t-elle. Les décisions d’octroi d’aide pour une espèce donnée ne peuvent pas représenter plus de 15 % de l’enveloppe globale annuelle allouée au dispositif. Il n’est cependant pas tenu compte dans cette enveloppe des sommes allouées aux demandes de plantations établies pour des exploitations touchées par le virus de la Sharka, considérées par ailleurs.
 
Fruits et légumes : les prix flambent, selon une étude de Familles rurales
Le prix moyen des fruits a flambé cet été de 14 % et celui des légumes de 17 % sur un an, selon une étude de Familles rurales parue le 13 août. Par rapport à l’été 2012, le prix moyen des légumes rejoint ainsi celui enregistré en 2008, année de mauvaises récoltes, et celui des fruits atteint un plus haut jamais enregistré. La courgette (+32,6 %), la poire (+31,4 %) et la pomme (+30,4 %) présentent les hausses les plus marquées. L’augmentation la plus sage concerne la nectarine (+5,35 %) et un seul produit, la cerise, voit son prix baisser. Le prix moyen d’un kilo de fruits atteint 3,78 euros en 2013, et 2,21 euros pour les légumes, mais les tarifs varient selon les points de vente. Un panier composé d’un kilo de chacun des 8 fruits et 8 légumes du panel coûte 43,05 euros en hard-discount, 51,57 euros en hyper ou supermarché et 55,24 euros au marché. Familles rurales note que sur les 16 produits du panel, 10 provenant de l’étranger reviennent moins cher au consommateur – une proportion en hausse par rapport aux années précédentes. L’écart de prix entre les fruits et légumes conventionnels et les produits biologiques reste important (70 % plus cher pour les fruits bio et 73 % pour les légumes bio). Pour cette étude, l’association Familles rurales a déployé 76 veilleurs qui ont relevé les prix de 8 fruits et 8 légumes dans 37 départements français, pendant les semaines du 10 au 16 juin et du 8 au 14 juillet.
 
Fruits et légumes : Xavier Beulin demande un « grand débat » sur les prix
Le président de la FNSEA a réclamé le 13 août un « grand débat de fond » entre producteurs, distributeurs et consommateurs, sur les prix des produits agricoles et alimentaires, estimant qu’il n’est « plus tenable » de produire en France, face aux attentes de consommateurs « bipolaires » sur la qualité et les prix. Les prix des fruits et légumes « aujourd’hui reflètent une situation de marché, qui est rendue difficile par un printemps et un début d’été froids, humides, donc une production plutôt en baisse », a estimé Xavier Beulin sur France Bleu Périgord. Mais le consommateur « est un peu bipolaire. On voudrait, au fond, la qualité française, les contingences environnementales et sociales françaises, et on voudrait avoir un prix mondial. Ça n’est plus tenable ». Il estime nécessaire l’organisation d’« un débat de fond (...) entre les producteurs d’un côté, les metteurs en marché, parmi lesquels notamment la grande distribution, et les consommateurs, pour savoir finalement si on n’est pas tombé à un tel niveau de rémunération des produits agricoles et alimentaires que ça devient impossible de produire en France ».
 
L’interprofession des fruits et légumes frais critique la méthode employée par Familles rurales
« Les prix de 2012 et de 2013 ne peuvent être comparés sur les mêmes périodes », indique Interfel dans un communiqué daté du 13 août, alors qu’une étude de l’association Familles rurales a révélé le même jour que le prix moyen des fruits a flambé cet été de 14 % et celui des légumes de 17 % par rapport à l’été dernier. Cette comparaison n’est pas significative, d’abord parce que le printemps 2013, frais et pluvieux, a engendré des retards et des baisses de production pour de nombreux produits et entraîné ainsi une augmentation logique des prix, argumente l’interprofession. Par ailleurs, la comparaison entre les deux étés sur uniquement deux semaines (l’étude a été réalisée du 10 au 16 juin et du 8 au 14 juillet) n’est pas non plus judicieuse au regard de la situation exceptionnelle : au moment où certains fruits et légumes se trouvaient en effet en plein cœur de production en 2012, leur campagne démarrait seulement en 2013 à la même période, explique Interfel. Face à ces difficultés d’approvisionnement, la présence en rayon de fruits et légumes étrangers a été davantage maintenue, poursuit-elle pour justifier la provenance en hausse de produits venant de l’étranger soulignée par l’étude. « Plus que d’afficher des augmentations ou des baisses de prix, il est important d’expliquer aux consommateurs ces variations régulières, propres à la filière », suggère enfin l’interprofession.
 
La FNPF et Légumes de France « mettent en garde » Familles rurales
La Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF) et Légumes de France « mettent en garde Familles Rurales dont la communication, parce qu’incomplète, pourrait conduire à l’accélération de la baisse du nombre d’exploitations fruitières et légumières françaises et à la perte des 425 000 emplois générés », indiquent conjointement les deux associations spécialisées de la FNSEA dans un communiqué daté du 22 août. Cette réaction a fait suite à la publication, 9 jours plus tôt, d’une étude menée par l’association Familles rurales qui a révélé que le prix moyen des fruits a flambé cet été de 14 % et celui des légumes de 17 % par rapport à l’été dernier. Or, « les conditions climatiques de 2013 ne sont pas celles de 2012, les impacts sont importants tant en termes de qualité que de quantité ou encore de présence des produits (10 à 15 jours de retard en moyenne) », soulignent les organisations. Par ailleurs, « les conditions sociales, fiscales et environnementales françaises, souhaitées par nos concitoyens et les législateurs, sont plus contraignantes en France que dans les autres pays producteurs de fruits et de légumes », et enfin « les produits français se positionnent à des niveaux qualitatifs élevés ». En résumé, comme l’a demandé Xavier Beulin, président de la FNSEA, le sujet, plus qu’un « observatoire partial et partiel », mérite d’urgence « un grand débat public », estiment les deux organisations.
 
Fruits et légumes : le Modef réitère son opération « juste prix » à Paris
Une cinquantaine de producteurs du syndicat Modef ont vendu le 22 août au « juste prix » 50 tonnes de fruits et légumes en divers points de Paris et de la banlieue, pour dénoncer les « marges excessives de la grande distribution » empêchant les producteurs de vendre à un prix rémunérateur. Précisément : tomates, melons, prunes, poires, salades, nectarines et pommes de terre ont été vendus à partir de 8 heures, Place de la Bastille, à Paris, et dans 25 villes de banlieue dont Ivry, Villejuif, Montreuil, La Courneuve. Ainsi le kilo de tomates fraîches premier choix, qui se trouvait en grande distribution autour de 3 euros, était vendu au « juste prix par circuit court » de 1,70 euro, et le kilo de nectarine, 2,20 euros, au lieu de 4 euros environ, a indiqué Raymond Girardi, secrétaire général du Modef. Ces « justes prix » devaient permettre « une marge normale » aux producteurs comme à la grande distribution, et « démontrer l’intérêt qu’ont les consommateurs à acheter des fruits et légumes de France », a-t-il ajouté. Le Modef a invité Stéphane le Foll à venir rencontrer agriculteurs et consommateurs sur un des points parisiens de cette opération « solidarité et vérité des prix », que le syndicat réalise depuis une dizaine d’années.
 
Fruits et légumes : des marges nettes « très faibles » pour la distribution, selon la FCD
Les marges nettes des enseignes de la distribution sur les prix des fruits et des légumes sont « très faibles », de l’ordre de 0,6 %, a indiqué le 22 août la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) dans un communiqué – alors que le même jour, le Modef menait son opération « juste prix » sur les fruits et légumes, à Paris. À travers cet événement réitéré chaque année, le syndicat entend dénoncer les « marges excessives de la grande distribution » empêchant les producteurs de vendre à un prix rémunérateur. Une information erronée, selon la FCD qui rappelle, se référant à l’Observatoire des prix et des marges, comment se composent les prix du rayon fruits et légumes: prix payés par les enseignes pour l’achat des fruits et légumes aux expéditeurs (72,6 %), frais de personnel du rayon (8 %), autres charges (loyer, taxes, logistique, frais généraux…) (18,9 %) et marge nette (0,6 %). La FCD souhaite qu’un travail de partenariat avec la filière se développe et se concentre « sur l’offre et la qualité des produits plutôt que sur de faux débats ».
 
Vendanges 2013 : ouverture des déclarations en ligne dès le 15 septembre
Afin de permettre aux viticulteurs, aux caves coopératives et aux négociants vinificateurs de déclarer plus tôt leur récolte et/ou leur production par Internet – notamment en cas de vins primeurs –, la Direction générale des douanes et droits indirects annonce dans un communiqué transmis le 22 août, l’ouverture du dispositif dès le 15 septembre. La démarche a par ailleurs été simplifiée. En cas d’erreur manifeste, le déclarant est désormais alerté, il peut aussi exporter ses données vers son propre système informatique. Autre nouveauté cette année : concernant la dernière campagne, les viticulteurs et caves coopératives peuvent déclarer en ligne leurs stocks par simple transfert de fichier, à condition de le faire avant le 31 août. Les vinificateurs peuvent également déclarer en ligne les pratiques œnologiques mises en œuvre. Ces télé-services sont ouverts concernant la déclaration de la récolte, jusqu’au 10 décembre, la production, jusqu’au 15 janvier, et les pratiques œnologiques, toute l’année. https ://pro.douane.gouv.fr/
 
Lait UHT longue conservation et lait infantile : Candia s’implante en Chine
Candia, la marque de Sodiaal, a ouvert le 23 juillet son premier magasin à Wenzhou, dans la province de Zhejiang, au sud de Shanghai. Dix autres ouvriront en Chine avant la fin de l’année dans les plus grandes villes de la région, Hangzhou et Ningbo. Pour se démarquer des concurrents comme Nestlé et Danone, Candia va vendre ses laits via son propre réseau de distribution, avec l’appui d’un partenaire local, Zhejiang International Business group. « Ce choix d’une distribution spécialisée est essentiel dans un pays où les consommateurs ont un besoin élevé de réassurance sur l’origine des produits, surtout en lait liquide et en laits infantiles », explique Candia qui va y vendre ses laits UHT longue conservation et surtout ses laits liquides pour bébés Candia Babylait. « Grâce à ce type de magasin, la marque Candia offre aux clients chinois une source d’approvisionnement directe depuis la France », insiste son directeur général Giampaolo Schiratti, soucieux de rassurer les parents chinois, qui se ruent sur les laits étrangers depuis le scandale de la mélamine, qui les a traumatisés. Le scandale du lait trafiqué à la mélamine en 2008 a contaminé plus de 300 000 enfants et coûté la vie à six d’entre eux. Candia refuse pour l’heure de dire sur quel niveau de prix il compte se positionner.
 
Risque de botulisme dans le lait : le Premier ministre néo-zélandais s’attaque à Fonterra
Le Premier ministre néo-zélandais John Key a accusé le 5 août la coopérative Fonterra, un géant des produits laitiers, d’avoir tardé à prévenir d’une contamination de certains de ses lots avec une bactérie potentiellement mortelle. Fonterra a révélé que trois lots de petit-lait, utilisé pour la fabrication de laits maternisés et de boissons pour les sportifs, contenaient en mai 2012 la Clostridium botulinum, qui peut causer le botulisme, une maladie provoquant la paralysie, voire la mort (finalement, la présence de botulisme aura été, fin août, démentie). La Chine, gros importateur de produits laitiers néo-zélandais, notamment des laits maternisés, a renforcé les contrôles. Selon Wellington, la Chine a interdit les importations de laits en poudre néo-zélandais, une affirmation que Pékin n’a pas confirmée. Fonterra, qui regroupe quelque 13 000 fermiers néo-zélandais, se présente comme le premier exportateur mondial de produits laitiers. Il a présenté le 5 août à Pékin ses « profondes excuses » et a nié toute tentative de dissimulation.
 
Contamination : Danone contraint à rappeler des lots de lait en poudre
Danone a rappelé dans plusieurs pays d’Asie des lots de lait en poudre pour bébé de ses marques locales Dumex et Karicare, en raison d’un risque de botulisme dans certains produits laitiers fabriqués par un de ses fournisseurs, le Néo-Zélandais Fonterra. « À titre de précaution, des lots ont été rappelés en Chine, à Hongkong, en Malaisie, en Thaïlande et en Nouvelle-Zélande, mais aucune plainte de consommateur n’a pour l’instant été signalée », a annoncé une porte-parole du géant agroalimentaire. Aucune indication sur le nombre de lots et le volume n’a toutefois été donnée. Fonterra a révélé que trois lots de petit-lait, utilisé pour la fabrication de laits maternisés et de boissons pour les sportifs, contenaient une bactérie pouvant causer le botulisme, une intoxication susceptible de provoquer la paralysie, voire la mort. Le groupe coopératif néo-zélandais est un des fournisseurs majeurs de Danone dans la région asiatique. À la Bourse de Paris, l’action Danone était affectée le 5 août par les possibles répercussions de cette affaire. De son côté, Nestlé, le géant suisse de l’alimentation, a indiqué le 5 août qu’il n’était pas touché par le rappel des lots de Fonterra. « Nous n’avons acheté aucun des lots de concentré de protéines de lactosérum que Fonterra a rappelés », a indiqué un porte-parole du groupe suisse, soulignant qu’aucun des produits de Nestlé n’était affecté.
 
Tous les stocks de lait contaminé ont été retirés, selon Fonterra
Tous les stocks de lait en poudre néo-zélandais susceptibles d’avoir été contaminés par une bactérie potentiellement mortelle ont été retirés de la vente, a indiqué le 7 août le p.-d.g. du groupe laitier Fonterra. « Tous les stocks ont été récupérés, tout a été retiré de la vente. Ils sont dans des entrepôts et il n’y a quasiment plus de risque pour les consommateurs », a déclaré Theo Spierings à la presse. La coopérative, qui rassemble 13 000 agriculteurs, a révélé que trois lots de petit-lait (lactosérum), utilisé pour la fabrication de laits maternisés et de boissons pour les sportifs, contenaient une bactérie pouvant causer le botulisme, une intoxication susceptible de provoquer la paralysie, voire la mort. Pour le moment, aucune victime n’est à déplorer. Fonterra est le plus gros groupe de Nouvelle-Zélande et totalise, avec 15,4 milliards de litres de lait par an, 89% de la production laitière du pays, dont une bonne partie de l’économie est tournée vers l’agriculture. Inquiet, le gouvernement néo-zélandais a envoyé le 6 août plusieurs de ses agents sur les sites de production de la coopérative laitière Fonterra, en vue de fournir des informations exactes sur la bactérie en cause.
 
Six entreprises laitières, dont Danone, condamnées en Chine pour entente sur les prix
La Chine a infligé le 7 août de lourdes amendes à six fabricants de lait infantile, majoritairement étrangers, pour entente illicite sur les prix. Les américains Mead Johnson et Abbott, le chinois Biostime, le géant néo-zélandais Fonterra, le néerlandais Friesland, ainsi que Dumex, filiale du français Danone, sont visés par ces amendes de 670 millions de yuans (82 millions d’euros) au total, a annoncé la Commission d’État pour le développement et la réforme (NDRC). Dumex a écopé d’une amende de 172 millions de yuans (21 millions d’euros). Les firmes condamnées « avaient imposé des prix minimums aux distributeurs » et « prenaient des mesures de rétorsion » à l’encontre de ceux qui ne jouaient pas le jeu, a relaté dans un communiqué la NDRC, qui avait commencé son enquête en mars dernier. Cette stratégie qui « maintenait les prix des laits en poudre à des niveaux élevés, sans justification, et empêchait ou limitait sévèrement toute concurrence (entre les distributeurs) sur les prix pratiqués » a « sapé le fonctionnement ordonné de la libre concurrence sur le marché et porté atteinte aux intérêts des consommateurs » particulièrement demandeurs de marques laitières étrangères, a-t-elle conclu.
 
La demande de lait en Europe dopée par le lait contaminé néo-zélandais
La demande en produits laitiers européens est en hausse, après les déboires du géant néo-zélandais Fonterra en Chine, a indiqué le 21 août l’Association de la transformation laitière française (Atla). « L’ensemble des opérateurs montrent une certaine défiance vis-à-vis des produits néo-zélandais et se reportent vers l’Europe », commente Gérard Calbrix, économiste à l’Atla. Les cours de la poudre de lait entier en France ont par exemple progressé de 20 euros, à 3 700 euros la tonne, entre la semaine 32 (du 5 au 11 août) et la semaine 33 (du 12 au 18 août), détaille l’économiste. Même chose en Allemagne où les cours de la poudre de lait entier ont bondi de 40 euros, à 3 775 euros la tonne, sur la période, la poudre de lait écrémée progressant elle de 50 euros, à 3 330 euros la tonne. « Et ce mouvement de hausse des cours devrait s’accentuer à la rentrée, avec la reprise de l’activité, d’autant que la collecte est en baisse de 2 % en France ces dernières semaines, par rapport à la même période en 2012 », souligne Gérard Calbrix. La production de lait a été ralentie par la chaleur de juillet. Mais surtout, un grand nombre de producteurs de lait ont arrêté leur activité – par exemple -10 % d’éleveurs en Poitou-Charentes – les agriculteurs délaissant l’élevage pour se concentrer sur la culture des céréales, dont les cours ont été au plus haut l’an dernier, explique l’économiste.
 
La hausse du quota laitier attribué en priorité aux petits producteurs
Publié au Journal officiel le 8 août par le ministre de l’Agriculture, un arrêté modifie l’attribution de la hausse du quota de production laitière française pour la livraison des campagnes 2011-2012 à 2014-2015. La hausse du quota national est répartie entre les bassins pour favoriser les petits producteurs : un volume de 60 millions de litres, issu de la hausse du quota national, sera réparti entre les bassins, en fonction du nombre de producteurs dont le quota individuel est inférieur ou égal à 170 000 litres et ayant réalisé au moins 100 % de leur quota individuel lors de la campagne laitière 2012-2013. « Ces quantités, mises à disposition des bassins, constituent un fonds dédié aux petits producteurs, strictement réservé à des attributions au profit de cette catégorie de producteurs », précise l’arrêté. Par ailleurs, le texte indique que « ces volumes sont notifiés pour chaque campagne par le directeur général de FranceAgriMer aux préfets coordonnateurs de bassin », qui « peut décider de geler tout ou partie de ces volumes (hors fonds petits producteurs) si la situation des marchés le nécessite ».
 
Pommes de terre : la flambée des prix en Russie laisse espérer la fin de l’embargo
La flambée des prix des pommes de terre en Russie a laissé espérer au négoce français, début août, la fin de l’embargo russe sur ce produit. On constate en Russie une forte augmentation des prix des pommes de terre de conservation depuis avril 2013. Le prix a augmenté de 72,2 % entre avril et juin 2013, selon Fédépom, la Fédération du négoce français des pommes de terre, citant l’Association France-Russie pour l’agroalimentaire (Afraa). « En 2012, le prix au kilo était égal à environ un euro, en juillet il est passé à 2,38 euros », a indiqué l’Afraa. « Les autorités russes pourront-elles tenir l’embargo, effectif depuis le 1er juillet ? », s’interroge Fédépom, tandis que « le temps chaud et sec perdure en Russie ». Le ministère de l’Agriculture français « reste sur le qui-vive », guettant une éventuelle cessation de l’embargo, conclut la fédération des négociants. Rappelons que l’embargo russe a été décrété le 1er juillet par Moscou, par crainte de contamination du territoire russe par les maladies de quarantaine de la pomme de terre (pourriture brune, pourriture annulaire, qui sont des maladies bactériennes).
 
Pomme de terre : le risque d’une surproduction s’amenuise
Une hausse de 3,4 % de la surface de pommes de terre de conservation en France - près de 4000 hectares en plus –, ainsi que l’augmentation de 3,8 % des surfaces sur l’ensemble du périmètre du NPEG (Groupe des producteurs de pommes de terre du Nord-Ouest), pouvaient faire craindre une surproduction pour la campagne 2013-2014. Mais, d’après les prélèvements effectués en France sur près de 230 parcelles depuis la mi-juillet, l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) fait état d’un retard à la fois dans les rendements et les calibres, indiquait le syndicat dans un communiqué daté du 19 août. Il enregistre en effet une baisse d’environ 20 % par rapport à la moyenne des rendements sur la période 2001-2012, soit près de 10 t/ha en moins. Ce qui signifie que, « dans tous les cas, il n’est pas envisageable d’avoir de très bons rendements cette année ». Au mieux, ils seront dans la moyenne décennale, indique l’UNPT. Au pire, « dans la même tendance que l’année dernière ».
 
Sénat : le rapport sur la filière viande sera présenté en septembre au ministre de l’Agriculture
Les quarante propositions de la mission commune d’information du Sénat sur la filière viande seront présentées « à la rentrée » à Stéphane Le Foll. Rendu public par ailleurs le 18 juillet à l’issue d’un travail mené pendant quatre mois, le rapport préconise notamment de rendre obligatoire l’étiquetage de l’origine des viandes brutes et transformées, de réorienter les aides de la Pac en faveur de l’élevage et de simplifier les normes pour redonner de la compétitivité à l’ensemble de la filière. Cette dernière doit enfin répondre à des attentes sociétales croissantes, selon la mission, notamment en faisant face au défi environnemental et en renforçant la transparence sur le bien-être animal. Dans cette perspective, elle propose un étiquetage systématique du mode d’abattage des animaux. La mission a été mise en place à la suite du scandale de la viande de cheval retrouvée dans des plats préparés étiquetés « pur bœuf ».
 
Céréales : récolte allemande en hausse malgré la météo
L’Allemagne, deuxième producteur céréalier d’Europe derrière la France, a récolté cette année 3 % de céréales de plus que l’an dernier, en dépit du mauvais temps et des inondations, selon des chiffres publiés le 22 août. La récolte est ressortie à 46,8 millions de tonnes, selon la fédération agricole DBV, ce qui est également supérieur à la moyenne des années 2008 à 2012. « Nous ne misions pas sur une récolte record, et avec 46,8 millions de tonnes nous pouvons être satisfaits », a commenté dans un communiqué Wolfgang Vogel, en charge des céréales au sein de la fédération. Du fait de l’hiver anormalement long et froid, les plantations accusaient au printemps un retard de deux à quatre semaines dans leur développement, mais le beau temps à partir de juin a permis de le rattraper. La production de tournesol, à 5,6 millions de tonnes, affiche une hausse de 17 % sur un an. La situation est plus contrastée dans les fruits et légumes, où certaines sortes ont pâti plus que d’autres de la météo en début d’année. Notamment, la production de pommes accuse un recul de 17 %. Dans la pomme de terre, où l’Allemagne occupe la première place européenne, les producteurs sont pessimistes alors que la récolte est encore en cours. La production pourrait ne même pas atteindre 10 millions de tonnes contre 10,6 millions l’an dernier. Dans certaines parties du pays, notamment à l’Est touché début juin par de grosses inondations, la situation de nombre d’exploitants est en outre critique, rappelle le DBV.
 
Le marché mondial du sucre sera de nouveau excédentaire en 2013-2014
Le marché mondial du sucre sera en excédent d’offre pour la quatrième saison consécutive en 2013-2014, malgré un léger déclin de la production mondiale, selon les premières estimations de l’Organisation internationale du sucre (ISO) diffusées le 22 août. Sur la saison allant d’octobre 2013 à septembre 2014, l’excédent mondial de production devrait s’élever à 4,502 millions de tonnes (Mt), contre 10,261 Mt en 2012-2013, 6,165 Mt en 2011-2012 et 1,1321 Mt en 2010-2011. L’ISO prévoit ainsi que la production mondiale pour 2013-2014 s’établisse à 180,837 Mt, en baisse de 1,16 % par rapport à la saison précédente, face à une demande planétaire de 176,335 Mt, en augmentation de 2,11 %. « Même si la production devrait chuter de 2,119 millions de tonnes, ce sera quand même la deuxième plus grosse (production annuelle) de l’histoire » après la saison actuelle (182,956 Mt), souligne l’ISO. Affectés par cette surabondance d’offre, les prix du sucre sont tombés à leur plus bas niveau depuis près de trois ans mi-juillet – à 15,93 cents la livre de sucre brut à New York le 16 juillet et à 458,40 dollars la tonne de sucre blanc à Londres le 17 juillet. Ils ont depuis rebondi, notamment grâce aux craintes qu’une période de temps froid et de gel au Brésil n’ait endommagé les cultures sucrières du pays. Mais l’ISO estime que l’offre excédentaire pèsera de nouveau sur les cours du sucre à l’avenir.
 
Gad (abattoirs) : période d’observation prolongée jusqu’au 16 octobre
Le tribunal de commerce de Rennes a prolongé le 21 août jusqu’au 16 octobre la période d’observation concernant la société bretonne d’abattage et de découpe de porcs Gad (1700 salariés), en redressement judiciaire depuis février. La direction a présenté fin juin un plan de continuation prévoyant la fin de l’activité abattage/découpe de l’un des deux abattoirs du groupe, à Lampaul-Guimiliau (Finistère), soit près de 800 emplois. Ces activités seraient ainsi recentrées sur le second abattoir du groupe à Josselin (Morbihan, plus de 600 salariés) où 343 emplois pourraient être créés. Ce plan n’a pas encore été finalisé et Gad demandait en conséquence à la justice de prolonger la période d’observation. Le tribunal a exigé le 21 août que ce plan finalisé soit présenté au plus tard le 18 septembre. Le plan projette aussi de fermer le site de fabrication de produits élaborés de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) où travaillent moins de 80 salariés et le siège du groupe à Saint-Martin-des-Champs (Finistère) avec 54 salariés. Gad SAS, déficitaire depuis 2008, a, selon une source proche du dossier, accusé 20 millions d’euros de pertes en 2012, en raison notamment d’une baisse de la production porcine française.
 
Étude : l’agroalimentaire en recul pour la deuxième année
« La production des industries agroalimentaires en France est en retrait significatif pour la deuxième année consécutive », rapporte le Crédit Agricole SA à travers une étude économique parue le 22 août. Malgré son caractère structurellement résistant, le secteur n’est en effet pas parvenu à se redresser, explique l’ingénieur Béatrice Eon de Chezelles, auteur de l’analyse. « Face à la crise, les industriels n’ont, pour beaucoup, pas su trouver les bons relais de croissance », poursuit-elle tout en désignant les produits carnés comme le secteur le plus affecté. « Le secteur de la viande bovine, jugée trop chère, souffre directement de la baisse du pouvoir d’achat des ménages ». Et de leur côté, les filières porcines et avicoles françaises se préparent tant bien que mal, selon la spécialiste, à des restructurations forcées à grande échelle. Concernant le secteur laitier, ces deux années furent également « très mouvementées », marquées à la fois par des excédents, puis des pénuries de lait, une volatilité très forte des prix, une flambée des prix de l’aliment du bétail, des aléas climatiques exceptionnels et l’intervention des autorités dans les discussions entre l’interprofession laitière et les distributeurs. D’autres secteurs ont su en revanche tirer leur épingle du jeu, comme la boulangerie-pâtisserie portée par l’industrialisation toujours plus poussée des produits de première nécessité. Mais aussi, par les succès industriels en matière d’innovation, suggère l’étude. Le secteur des boissons est lui très contrasté. Si les marchés européens affichent une certaine morosité, le dynamisme de la demande en vin et en champagne en provenance des pays tiers (les États-Unis et la Chine) permet à l’excédent du commerce extérieur des industries agroalimentaires de se maintenir à des niveaux records.

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