Le moment était pour le moins très mal choisi, en pleine crise de la viande de cheval, de remettre en lumière la problématique de la nourriture par des farines à base de protéines animales. C’est pourtant le pavé qu’a lancé dans la mare, la Commission européenne, autorisant à compter du 1er juin le retour des farines de porc et de volailles pour nourrir les poissons d’élevage, dont le principe avait été adopté en juillet 2012 par les experts des Etats membres de l’UE.
Le ministre délégué à l’Agroalimentaire, Guillaume Garot, a dû monter en première ligne et affirmer qu’autoriser les farines animales dans l’alimentation des porcs et des volailles n’était « pas à l’ordre du jour » en France, « dans le contexte où nous sommes ». « Nous devons plutôt concentrer notre énergie pour remettre de l’ordre dans toutes les dérives que nous constatons et face aux pratiques frauduleuses que nous voyons aujourd’hui », a ajouté le ministre, lors de la séance hebdomadaire de questions à l’Assemblée nationale. Il a rappelé que la France avait voté contre cette disposition en juillet 2012. Il a précisé que le ministre de la Pêche, Frédéric Cuvilier « fait mouvement auprès de la Commission européenne pour qu’une filière alimentaire pour les poissons soit issue des rejets de pêche ». L’utilisation des farines animales pour les ruminants est interdite depuis 1997 en raison des risques de contamination par l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), ou maladie de la vache folle. L’interdiction avait été étendue en 2001 aux aliments pour tous les animaux de consommation.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.