Selon le quotidien , l’assureur Groupama aurait inscrit à son budget 1,7 million d’euros en 2003 pour financer la FNSEA et les JA. L’assureur n’a ni confirmé ni démenti. Pour les JA, ces sommes correspondent à un partenariat et à des prestations réelles. La FNSEA reconnaît percevoir une subvention, d’environ 263 000 euros. Le reste correspond à des prestations fournies par le syndicat. En tout cas, la FNSEA comme les JA démentent que ces sommes servent à payer le loyer de leurs locaux ou l’amende infligée par la Commission européenne.
Selon le journal Libération daté du 2 avril, l’assureur Groupama aurait, en 2003, inscrit à son budget près de 1,7 million d’euros pour contribuer à équilibrer le budget du syndicalisme majoritaire. D’après le quotidien, ces subventions iraient pour partie à la FNSEA (594 551 euros) et aux Jeunes agriculteurs (487 837 euros) et serviraient à payer les loyers des sièges sociaux des deux syndicats, dont Groupama est propriétaire. Par ailleurs, toujours selon le quotidien, une subvention supplémentaire de 594 000 euros aurait été débloquée lors d’un conseil d’administration du 28 août pour aider la FNSEA à payer l’amende de 12 millions d’euros infligée par Bruxelles pour entente illégale sur les prix de la viande. L’information n’a pas été démentie ni confirmée par l’assureur mais les syndicats contestent que ces sommes servent à payer le loyer de leurs locaux ou l’amende infligée par la Commission européenne.
«Groupama accompagne régulièrement les activités des Jeunes agriculteurs et de la FNSEA»
Interrogé, le groupe d’assurance justifie des soutiens éventuels par la nature de son activité : «Groupama est une entreprise privée sollicitée par différentes associations ou organisations pour leur apporter son soutien. Ces soutiens, qui ont tous un lien avec l’activité du groupe, sont décidés par le conseil d’administration. Ainsi Groupama, première mutuelle d’assurance des agriculteurs, accompagne régulièrement les activités des Jeunes agriculteurs et de la FNSEA». Le commentaire de Jérôme Despeys, président des Jeunes agriculteurs, est du même ordre. Selon lui, « Groupama est une entreprise privée qui décide librement de ses actions, ratifiées par des votes dans des conseils d'administration, comme pour son soutien au navigateur Franck Cammas. Je me sens complètement à l'aise par rapport à nos actions communes». Selon lui, les sommes versées par Groupama à son organisation correspondent à différents accords de partenariat, notamment pour le Championnat de France de labour ou le Congrès mondial des Jeunes agriculteurs qui s'est tenu à Paris en juin dernier, à des pages de publicité dans le mensuel du syndicat, et à une «charte jeune entreprise» conclue en 1995 et réactualisée en 2003. Les 487 837 euros en question n’auraient donc aucun lien avec le loyer des locaux du 14, rue de la Boétie, d’“ environ 400 000 euros par an” selon Jérôme Despeys.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
«Le loyer de la FNSEA correspond au prix du marché»
La FNSEA, en revanche, affirme que Groupama lui verse chaque année une subvention. En 2003, celle-ci s’est montée à 263 082 euros, montant identique à la somme versée en 2002. Il n’y aurait donc pas eu d’augmentation liée à l’amende de Bruxelles. Surtout, ce montant est bien inférieur au loyer du 9-11 rue de la Baume, qui s’est monté en 2003 à 1,306 million d’euros. «Un montant correspondant au prix du marché et réévalué tous les ans» précise Patrick Ferrer, directeur de la FNSEA. Outre cette subvention, la FNSEA reçoit chaque année des versements de l’assureur, en contrepartie de prestations fournies par le syndicat. Leur montant exact n’a pas été communiqué par la FNSEA. Comme Jérôme Despeys, Patrick Ferrer ne voit aucun scandale à recevoir des fonds d’une entreprise privée. «Si les autres syndicats veulent aussi toucher des fonds, ils n’ont qu’à s’adresser directement à Groupama» commente-t-il. Il faisait ainsi référence à l’article du quotidien Libération, qui cite François Lucas, président de la Coordination rurale, lequel aurait déclaré que «cette manne financière devrait bénéficier à tous les syndicats agricoles à hauteur de leur représentativité». Interrogé par Agra presse, l’intéressé a démenti les propos tels qu’ils ont été reproduits dans le quotidien, regrettant la «confusion» opérée par le quotidien national.
Selon François Lucas, «cette affaire concerne une structure privée et une autre structure privée. Elle ne nous concerne pas en tant que syndicat agricole». La Coordination rurale, qui tient à conserver «une totale indépendance», refuse l’idée d’être subventionnée par une entreprise privée. «Si nous devons dénoncer une chose dans cette affaire, explique François Lucas, c’est la trop grande dépendance du syndicalisme majoritaire vis à vis des organisations économiques”.