Le nouveau pic du pétrole à 100 dollars le baril vient de nous rappeler à quel point les matières premières sont des ensembles finis. Leurs prix résultent d’une demande qui se porte sur une offre relativement rigide. Les productions agricoles qui, par nature, ne peuvent qu’évoluer lentement dans le temps, entrent bien dans ce cadre. La croissance mondiale constatée depuis quelques années – peut-être la meilleure nouvelle depuis plus d’un siècle – a relancé la consommation et dopé, avec retard, les cours des grandes cultures. Ajoutez à cela des problèmes climatiques et un nouveau débouché, celui des biocarburants, et vous obtiendrez les records d’aujourd’hui.

Logiquement, on pourrait s’attendre à ce que les économistes se rangent à l’idée de l’inutilité des politiques agricoles. Pourquoi soutenir des prix qui progressent tout seul, pourraient-ils dire ? Pourquoi constituer des stocks de régulation au risque de prélever encore sur l’offre ? Pourquoi soutenir une production que les marchés se chargeront bien de doper eux-mêmes ?

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Et pourtant, ils sont quasi unanimes à prôner un maintien, voire un renforcement de cette politique agricole. C’est qu’il faut l’orienter, cette production, parfois la protéger, souvent l’encourager, l’aider à mettre en valeur des terres aujourd’hui délaissées, l’inciter à utiliser des technologies nouvelles et maximiser celles qui respectent la nature, etc.

Ces idées ne font sans doute pas partie de la pensée unique, celle qui règne à l’OMC ou encore dans les instances européennes plutôt tentées de déréguler. À Paris aussi, on semble parfois convaincus que des prix qui flambent justifient le gel des politiques. Ce pourrait être tout le contraire.