Les agriculteurs doivent, dans leur majorité, ressentir une curieuse impression, à entendre les politiques. D’une part, les voici – dans les grandes cultures du moins – encensés et encouragés pour leur rôle de fournisseurs de bio-produits. Comme s’ils étaient, soudains, bombardés sauveurs de la planète. D’autre part, ils restent critiqués pour le recours excessif aux produits chimiques et à l’intensification, deux phénomènes nuisant à l’environnement. Comme s’ils étaient, cette fois, les fossoyeurs de la même planète.

S’ils pèsent moins aujourd’hui par le nombre de leurs bulletins de vote, les agriculteurs semblent avoir retrouvé une bonne part de leurs attraits pour les politiques. C’est, bien évidemment, qu’à travers les enjeux agricoles et environnementaux, l’homme ou la femme politique s’adresse à son électorat, citadin autant que rural.

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L’expression politique a évidemment ses excès de langage. Vouloir supprimer la chimie en agriculture est aussi excessif que de prétendre la remplacer par des plantes. Également abusifs sont les propos d’hommes politiques lorsqu’ils promettent que, demain, les agriculteurs pourront vivre du prix de leur produit seulement. Les excès de langage ne doivent pas faire oublier l’essentiel : si la critique vient plutôt de gauche et l’encensoir se situe plutôt à droite, les deux font écho à une attente de la société. Les agriculteurs ont, aujourd’hui, une fantastique opportunité de montrer qu’ils sont en phase avec le citadin. Cela ne se fera pas seulement en remplissant son réservoir de carburant vert. Cela se fera aussi en allégeant autant que faire se peut, dans les fermes, les bidons de pesticides.