L’affaire est entendue. Le dossier du Régent est devenu un dossier politique. A force de jouer les imprécateurs, de vouloir mettre tout le monde, ou presque, en examen, Philippe de Villiers, aura réussi à retirer le peu de sérénité qui restait pour le traitement de ce problème, qui méritait mieux. Ce Vendéen pugnace, qui regrettait sans doute de ne plus être sous les feux de l’actualité, a trouvé là un bon cheval de bataille avant de passer à un autre cheval, un jour, pour peu qu’il soit plus médiatique encore. Il n’est pas sûr que les apiculteurs aient beaucoup à gagner avec une telle alliance.
Le paradoxe, dans cette situation, est de voir l’association objective entre des forces de gauche, des sensibilités écologistes et des ambitions de droite contestaire. On est bien en situation préélectorale, ce type de situation qui politise tout et empêche de traiter sereinement des problèmes complexes importants.
Et pourtant, la question du Régent et de l’agrochimie en général, exige bien un traitement serein.
Elle mérite que les scientifiques oublient un temps leurs a priori, voire leurs sensibilités politiques, qu’ils se réunissent, cherchent encore ou se mettent d’accord sur une attitude à adopter. Elle mérite aussi que les décideurs s’appuient sur ces conclusions et définissent la loi à respecter, en s’assurant que les premiers concernés, les agriculteurs, soient en mesure de l’appliquer.
Des instances multiples, des chercheurs de tous horizons, des experts de tous bords s’expriment sur ce sujet. C’est peut-être un des problèmes, justement que ce foisonnement qui confine à la confusion. La première mesure à prendre, pour les pouvoirs publics, est peut-être de simplifier et regrouper tout ce processus d’analyse. Afin d’avoir une position scientifique claire qui évite toute dérive politique.