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Politique agricole

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Le commissaire européen à l’agriculture Dacian Ciolos a voulu aller à l’essentiel : proposer des évolutions s’appliquant aux outils de la politique agricole commune. Outils de régulation, de soutien des revenus, outils d’aménagement du territoire ou d’introduction de critères écologiques dans l’agriculture. Le commissaire est un homme pragmatique qui ne s’embarrasse pas de considérations générales. C’est un peu par là que son projet pèche. On ne sait pas trop quelles structures agricoles on vise : faut-il accélérer les agrandissements ou non ? Réduire le nombre d’agriculteurs encore plus ou les stabiliser ? Privilégier la rentabilité économique, si mâtinée soit-elle d’écologie ?  Développer une agriculture très productive utilisant toutes les ressources des biotechnologies notamment ? Ou une paysannerie traditionnelle réhabilitant les circuits courts et la réduction des intrants ?
Les créateurs de la Pac, dans les années 1960, avaient des objectifs bien clairs : l’agriculture devait se moderniser, se concentrer et apporter à l’industrie de la main-d’œuvre.
Aujourd’hui, on ne sait trop ce qu’on vise. On adapte des outils mais sans bien savoir quelles exploitations ils vont forger. Tandis que la politique agricole française semble s’orienter vers une action essentiellement anti-crise (confère le dernier projet de budget), la politique européenne, elle, cherche à modifier certains outils d’intervention sans bien savoir quels modèles d’agriculture elle a dans le collimateur.
Au fond, si l’on peut définir une politique comme la fixation d’un objectif puis des moyens d’y arriver, on se demande aujourd’hui si quiconque a une idée de la politique agricole dont a besoin l’Europe en général et la France en particulier.

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