La nécessité d’un troisième plan de soutien à l’agriculture en moins de deux ans montre à quel point le secteur est fragile. Ses réserves sont épuisées : réserves financières, technologiques et humaines. Le gouvernement actuel a pansé pas mal de plaies, a procédé à bon nombre d’allégements de charges mais cela ne suffit pas. Et ce n’est sans doute pas par des allégements et subventions que les problèmes se régleront dans la durée.
C’est à une politique agricole plus fondamentale qu’il faut avoir recours. Si fondamentale qu’il faudra sans doute attendre les futurs élus de 2017, quels qu’ils soient, pour l’imaginer et la mettre en œuvre. Jusqu’à présent, ce que proposent les candidats qui se sont déclarés est bien timide ou banal. De son côté, l’Europe ne devrait pas changer grand-chose avant la prochaine politique agricole pour 2020, et encore.
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Faudra-t-il d’ailleurs se limiter à une politique agricole pour résoudre les problèmes des agriculteurs ? Sans doute pas. On sait à quel point leur sort est lié aux comportements des distributeurs et des industriels. On sait à quel point leurs revenus dépendent aussi de leurs fournisseurs. Lesquels fournisseurs sont aussi, les faits le montrent, directement touchés aujourd’hui par les difficultés des agriculteurs eux-mêmes.
Il faudra aussi une politique industrielle de l’agrofourniture. Pas une politique d’aides, évidemment, mais une politique d’orientation, de développement, de recherche… Santé animale, végétale, semences, aliments du bétail… autant de domaines qui ont besoin de technologies rénovées, réduisant les risques et les coûts pour les paysans. Le discours sur des exploitations plus autonomes, c’est séduisant. Mais les exploitations dépendent, quoi qu’on en dise, d’une chaîne d’activités en amont et aval. Une politique efficace doit concerner tous ses maillons.