Abonné

Politique de retrait, taille des vergers, OP et caisse de lissage des revenus : les producteurs se penchent sur leur boîte à outils

- - 3 min

Le 24 août, la première réunion des groupes de travail mis en place par le ministère de l’Agriculture dans le cadre du plan de sortie de crise du 7 septembre s’intéressait à l’aspect européen des propositions à formuler. 
Les syndicats agricoles ont à choisir entre deux pistes : la régulation des marchés avec comme option une politique de retrait de l’offre ou l’accroissement de la demande. « La politique de retrait qui a été menée, à savoir environ 1 800 tonnes sur l’été, est inefficace », avance François Lucas, vice-président de la Coordination rurale. Il stigmatise « la mauvaise coordination de cette mesure qui donne un signal de baisse des prix aux opérateurs ». Autre piste : la création du fonds de mutualisation ou de lissage du revenu.
« Intéressant sur le papier, il faut pour lisser un revenu qu’à un moment le producteur gagne de l’argent » souligne le syndicaliste. D’autres pistes sont envisageables pour François Lucas comme la création d’un cadastre fruitier, un observatoire des productions et des prix au niveau européen, un calendrier prévisionnel de mise en marché, voire l’institution d’un prix minimum européen  tenant compte des coût de production spécifiques et l’interdiction de la vente à perte par le producteur...
Pour la Confédération paysanne, « ces crises à répétition sont aussi le résultat d’une cogestion où l’objectif restait la compétitivité tout azimut et la prise de parts de marché maximum via l’exportation ». La Confédération paysanne oppose à cette logique « la notion de défense d’un prix de revient aux producteurs qui, s’il veut être respecté, dans la configuration actuelle, doit passer par une interdiction de la vente à perte ». Evidemment, le syndicat plaide pour « une harmonisation des conditions de production au niveau social, environnemental selon un calendrier de production, et des niveaux de production pour chacun des pays producteurs ». Quant à la notion de compétitivité des producteurs, l’introduction d’une « taille pertinente des vergers » fait bondir les syndicats minoritaires. « Lorsqu’on entre dans cette logique, le nombre d’agriculteurs est automatiquement vu à la baisse. C’est mathématique », condamne François Lucas. « Cela prouve que Bruno Le Maire n’a rien compris en donnant systématiquement l’avantages aux plus gros », résume Philippe Collin. Même scepticisme sur la focalisation des producteurs indépendants (non regroupés en OP avec transfert de propriété) comme fauteur de trouble sur les marchés. « On a déjà vu des groupement de producteurs brader les prix. On est tous là pour avancer ensemble », conclut Jean Louis OGIER, président de la section fruits et légumes de la CR.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

La Réunion
Suivi
Suivre