Abonné

Alimentation et environnement Polluants : une étude mesure l’exposition de la population

- - 3 min

L’Institut national de veille sanitaire (INVS) a diffusé récemment une étude nommée Exposition de la population française aux polluants de l’environnement. Elle permet de connaître l’imprégnation de la population en métaux lourds, PCB et pesticides. Les résultats ne permettent pas encore de prédire les maladies encourues ou non, en fonction des dosages.

L’étude de l’INVS visait en fait à connaître l’imprégnation de la population française en polluants les plus nocifs à partir de résultats d’analyses, répondant en cela à une demande insistante des toxicologues qui voulaient « sortir des évaluations théoriques type DJA », explique Jean-François Narbonne, toxicologue et expert à l’ANSES. Un volet des analyses porte sur des métaux lourds et métalloïdes que sont le cadmium, le mercure, l’arsenic inorganique, l’antimoine, le cobalt, l’étain, le chrome, le nickel, le plomb, l’uranium et le vanadium. Un autre volet porte sur les PCB et le dernier sur les pesticides organochlorés, organophosphorés et pyréthrinoïdes. Ce qu’il faut retenir, en production agricole, pour ce qui concerne l’imprégnation en métaux lourds, concerne surtout le cadmium. Il est présent dans un certain nombre d’aliments très consommés, contaminés par les fertilisants et notamment les phosphates en provenance de Tunisie et du Maroc. On le retrouve notamment dans le blé et les produits à base de blé (farine, gâteaux… ). « 15% des enfants sont au-dessus des normes », constate le toxicologue André Picot. Le cadmium diminue les défenses immunitaires, est un perturbateur endocrinien et se stocke dans les os, provoquant des maladies osseuses. C’est pourquoi l’Union européenne voudrait baisser les teneurs en cadmium autorisées dans le blé tendre. Les normes ont déjà été modifiées à la baisse pour le blé dur.

Recherche à venir des biomarqueurs de toxicité
Pour ce qui concerne les pesticides, les mesures donnent une première idée de l’imprégnation des populations. « Pour l’instant, cette imprégnation permet aux toxicologues de se rapporter aux valeurs critiques chez le rat, en tenant compte de la différence de masse corporelle », commente Jean-François Narbonne. C’est une première approximation. Les résultats d’analyses permettent également de comparer avec l’imprégnation des populations des autres pays d’Europe. Mais on ne sait pas encore, pour chaque pesticide, à partir de quel seuil il y a un problème pour la santé humaine et quels types de maladies peuvent apparaître. Pour cela il faudra encore attendre. Pour certaines familles comme les pyréthrinoïdes, « on a pensé qu’il n’y avait pas d’effets importants mais des travaux récents ont montré que des produits d’une même famille pouvaient interférer, ce qui en augmente la toxicité », explique André Picot. Cette étude INVS va être complétée par une recherche des biomarqueurs de la toxicité qui donneront des indications en matière d’effets sur la santé. « L’objectif est de connaître les dosages qui permettent de prédire une maladie » et éventuellement de la prévenir, selon Jean-François Narbonne.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.