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Pomme de terre d'industrie : la filière s’inquiète du blocage des aides Covid

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L’interprofession de la pomme terre GIPT (produits transformés), réunie le 9 décembre en assemblée générale, s’est inquiétée du blocage des aides promises en juin face à la Covid-19.

« Six mois après, rien n’est opérationnel », a déploré le président Christian Vanderheyden, appelant les pouvoirs publics au « respect de la parole donnée ». Dix millions d'euros avaient été annoncés en juin par l’ancien ministre Didier Guillaume, un montant non confirmé par l’actuel cabinet. « Il y a 4 M€ qui ont été fléchés sur l’aide aux agriculteurs », a assuré Marie Ducamp Collard, représentante du ministère de l'Agriculture. Mais « ça bloque » dans la mise en œuvre, particulièrement vis-à-vis des groupements, associations de producteurs et coopératives, d’après elle. Un problème lié au transfert de propriété entre ces OP et les producteurs de pomme de terre, a expliqué le GIPT. Des crédits complémentaires restent à l’étude. Cela vise la rénovation des bâtiments de stockage, a indiqué l’interprofession. Même, plus largement, leur « construction ou amélioration », selon Marie Ducamp Collard, qui envisage un accompagnement via le Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAEA, second pilier de la Pac).

Baisse d’activité dans les usines

Aujourd’hui, la filière s’impatiente, face à une crise qui perdure. Elle paie déjà un lourd tribut au premier confinement. La campagne 2019-2020 montre une chute de 9 % de l’approvisionnement des usines, à 1,147 Mt de pommes de terre, soit quelque 120 000 tonnes en moins d’une année sur l’autre. Près de la moitié des débouchés en produits transformés viennent de la restauration hors domicile, or le secteur tourne au ralenti. Les usines de pommes de terre, après une reprise en juillet, connaissent un nouveau plongeon des volumes traités, à -28,4 % en août, -14,1 % en septembre, d’après les chiffres communiqués. De tous les produits, c’est en surgelés que le marasme semble le plus sévère. Leur baisse de volume représente plus de 40 000 t/mois sur avril et mai (en glissement annuel) et en moyenne 15 000 t/mois depuis la rentrée.

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Pas de doute à l’UNPT (producteurs), l’aide envisagée de 10 M€ ne répond qu’au premier confinement et « il y aura besoin d’un soutien supplémentaire », considère le président Geoffroy d’Evry. L’inquiétude grandit pour la nouvelle campagne. Comment réagiront les transformateurs, écartés du dispositif d’aides alors qu’ils ont procédé à des dégagements, vers l’alimentation animale, la méthanisation, pour alléger le marché ? « Les industriels ont dû retirer des pommes de terre qu’ils ont payées aux producteurs » sans avoir de valorisation en face, souligne Bertrand Achte, président du groupement Gappi. « Ça risque de se répercuter en baisse des prix proposés aux planteurs sur la campagne 2021. » Le risque est aussi de mettre à mal la contractualisation, qui pèse 80 % des volumes, alerte le GIPT.

supplémentaire », selon l’UNPT