Dans une lettre adressée au président de la République Emmanuel Macron le 18 janvier, le président du GIPT (filière de la fécule) Arnaud Delacour a demandé que soit annoncé un système d’aides exceptionnelles aux planteurs évalué à 500 €/ha de pommes de terre féculières, soit une enveloppe globale de 8 à 9 M € par an pour les années 2023 et 2024. La demande n’est pas nouvelle, mais elle n’a pas reçu jusqu’ici de réponse favorable du ministère de l’Agriculture. « Fortement perturbée » depuis deux ans, la filière féculière est « moins attractive » pour les agriculteurs, et ce « malgré les hausses des prix de contrats annoncées par Roquette frères et Tereos pour cette campagne et celle à venir », estime Arnaud Delacour. L’industriel Roquette avait ainsi annoncé revaloriser de 28 % les prix des pommes de terre fécule plantées en 2023, à 120 euros la tonne (prix moyen payé au producteur.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
En 2021, 23 055 ha de terres étaient consacrés à cette culture et 20 270 ha en 2022. « Nous anticipons 17 000 hectares en 2023 et les dénonciations actuelles de contrats pourraient annoncer moins de 15 500 hectares plantés en avril 2024 », prévient-il. Une « baisse drastique », qui ne permettra pas d’alimenter les « deux dernières féculeries françaises », selon le GIPT, qui craint un risque de fermeture réel. Parallèlement, « la balance commerciale actuelle de la filière féculière est fortement positive : + 70 % de la production de fécule française est exportée », rappelle le président du GIPT. Et d’ajouter ne pas vouloir « que la fécule devienne un nouvel épisode de la désindustrialisation de ce pays. On ne rouvrira pas une féculerie une fois qu’elle sera fermée », alerte Arnaud Delacour.