La Commission européenne a validé une enveloppe de 5 millions d’euros (M€) pour les producteurs. La filière demandait 8 à 9 M€ depuis plusieurs mois. L’annonce intervient alors que l’une des deux usines françaises est sur la sellette.
Après plusieurs mois à prêcher dans le désert rue de Varenne, ils ont finalement été entendus. Dans un communiqué paru le 6 juillet, la Commission européenne annonce avoir autorisé une aide de 5 millions d’euros (M€) visant à soutenir les producteurs français de pommes de terre féculières. L’aide ne dépassera pas 250 000 euros par entreprise et sera octroyée au plus tard le 31 décembre 2023. La filière demande depuis plusieurs mois une aide exceptionnelle de 8 à 9 M€ euros pour l’aider à faire face aux sécheresses à répétition et à la baisse des surfaces.
Depuis plusieurs mois également, le groupe Tereos cherche – jusqu’ici en vain – un repreneur pour son usine d’Haussimont (Marne), l’une des deux féculeries françaises. Malgré « plusieurs marques d’intérêt », le groupe considérait fin juin « que les chances de concrétisation d’un projet de cession de l’activité à court ou moyen terme sont limitées ». Le groupe avait annoncé en mars son intention de vendre le site, face à des surfaces en constante érosion (-38 % en quatre ans).
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Problèmes d’irrigation
Si cela ne suffisait pas à la filière, elle s’attend à des problèmes cet été. L’UNPT (producteurs de pommes de terre, FNSEA) a demandé le 5 juillet à la préfecture de l’Oise de reconsidérer l’interdiction d’irriguer pour la culture de la pomme de terre fécule dans les bassins en « crise » (hydrologique) du département de l’Oise. En raison « de la sécheresse exceptionnelle qui [y] sévit actuellement », la préfecture de l’Oise a pris un arrêté le 20 juin entraînant le passage en situation de crise de la Divette-Verse et de l’Oise-Aisne ainsi que le maintien en situation de crise de l’Aronde et du Matz.
Face à cette décision, l’UNPT propose que « des mesures alternatives soient envisagées pour gérer la consommation d’eau de manière plus équilibrée, en réintégrant la pomme de terre fécule dans le cadre des dérogations d’irrigation accordées par exemple aux autres débouchés de la pomme de terre et autres cultures légumières ». Si l’association spécialisée dit comprendre « l’importance de préserver collectivement la ressource en eau, elle n’en demeure pas moins interrogative sur cette exclusion au regard de la situation économique très précaire que traverse actuellement la filière féculière nationale, alors même que le projet de fermeture de la féculerie d’Haussimont (Marne) vient d’être annoncé ».