Tant les producteurs de pommes de terre que les négociants reconnaissent que la production de cette année s’annonce une fois de plus en hausse, mais ils estimeraient dommage que les efforts réalisés pour segmenter les marchés soient compromis par la panique.
« Depuis plusieurs semaines chacun y va de son témoignage sur les surfaces qui ont augmenté et de sa crainte de voir revenir le scénario d’effondrement des prix de 2014 », a commenté le porte-parole de l’UNPT, François-Xavier Broutin, le 30 août. Il peut exister en effet un risque de mouvement « de Panurge » de précipitation à la vente. Mais cela n’aurait rien de rationnel, estime l’UNPT. L’organisation souligne que l’augmentation des surfaces de 5,1 % cette année (après celle de 5,3 % en 2016) s’explique par une demande des industriels, dont les commandes augmentent d’années en années, du fait de nouvelles capacités de transformation en Europe.
Mettre l’accent sur la qualité
Outre cette adaptation de l’offre à la demande, une réponse existe face au risque de baisse des prix : la segmentation des marchés et l’accent mis sur la qualité.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Fedepom, le syndicat des négociants en pommes de terre sur le marché du frais, a rappelé le 28 août dans un courrier à ses adhérents qu’une filière, celle de la pomme de terre fraîche destinée à la frite, a été construite récemment (en décembre 2016). En effet, ce segment a été bâti sur la base de critères (de taux de glucose, de matière sèche) et d’une « sélection rigoureuse des lots ». Cette séparation des lots entraîne un surcoût, et ce n’est pas le moment de compromettre cet investissement de la filière, a prévenu Marc Morellato, président de Fedepom depuis juin dernier. La fédération professionnelle appelle ses membres à la responsabilité pour éviter d’accélérer la baisse.
De son côté, l’UNPT a insisté sur l’adaptation qualitative de l’offre à la demande. « La qualité doit être au rendez-vous. Il faudra être très vigilant pour que la production respecte le cahier des charges des acheteurs et donc la demande des consommateurs », déclare-t-elle dans un communiqué diffusé le 29 août. Elle ajoute : « Privilégier la qualité sera primordial alors qu’aller chercher les dernières tonnes peut faire prendre des risques inutiles ».
« Privilégier la qualité sera primordial alors qu’aller chercher les dernières tonnes peut faire prendre des risques inutiles »