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« Pommes empoisonnées » : Greenpeace gagne en première instance, l’ANPP répliquera

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Le TGI de Paris a donné raison à Greenpeace dans le conflit qui opposait l’ONG à l’Association nationale pomme poire (ANPP) après la publication, le 16 juin dernier, d’un rapport intitulé « Pommes empoisonnées – Mettre fin à la contamination des vergers par les pesticides grâce à l’agriculture écologique ».

L’ANPP avait décidé d’agir en justice, estimant que le titre était dénigrant car il accolait les mots « pommes » et « empoisonnées », et que par conséquent, il portait un grave préjudice à la filière pomme.

Si le TGI de Paris a rejeté les arguments de Greenpeace qui estimait que sur la forme, l’action n’était pas recevable car l’ANPP n’avait pas d’intérêt à agir, sur le fond, le tribunal a donné tort aux producteurs de pommes. Dans son ordonnance, rendue le 10 novembre, le TGI estime que « dire que les pommes sont empoisonnées lorsqu’elles poussent sur des sols remplis de pesticides ne constitue pas un propos dénigrant, dès lors qu’il s’appuie sur une base factuelle réelle, même si le rapport n’est pas construit avec une rigueur toute scientifique ». Il motive sa conclusion en rejetant les arguments de l’ANPP, laquelle relève que le rapport présente des analyses réalisées sur les sols et l’eau mais pas sur les pommes elles-mêmes. Selon le TGI pourtant, « le consommateur est doué de raison et sait pertinemment que si les sols et l’eau sont contaminés, les produits agricoles qui poussent sur ces sols à l’aide de cette eau le sont également ».

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Pour l’ANPP, Greenpeace use de « syllogismes pas scientifiques ». Son président, Daniel Sauvaitre, compte faire appel de la décision. « C’est fondamental pour la pomme mais aussi pour tous les agriculteurs » a-t-il indiqué.

BB