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Porc : de moins en moins de distorsions liées à l’environnement en UE

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Selon une étude de l’Ifip, les réglementations environnementales des principaux pays européens producteurs de porcs évoluent vers moins de distorsions entre pays. À l’exception de l’Espagne dont la réglementation n’a pas bougé ces dernières années.

Dans une étude présentée lors des dernières journées de recherche porcines, le 1er février, l’économiste de l’Ifip Boris Duflot estime que les règles environnementales en Europe évoluent vers moins de distorsions entre les principaux pays producteurs de porcs. « La raison principale est que la philosophie générale met de moins en moins l’accent sur des objectifs de moyens et de plus en plus sur les résultats », explique-t-il à Agra Presse. Les deux auteurs de l’étude ont interrogé 18 experts en environnement des cinq principaux pays producteurs de porcs en UE (Allemagne, Espagne, France, Danemark, Pays-Bas), puis étudié les réglementations des différents pays.

Boris Duflot et Elodie Cagnat constatent que des différences de normes ont bel et bien existé par le passé. Au début des années 2000, l’Allemagne a bénéficié de normes d’épandage très favorables. À l’inverse, la France, le Danemark et les Pays-Bas ont été l’objet de règles plus contraignantes : « coûts de gestion des effluents très élevés aux Pays-Bas, procédure d’autorisation d’exploiter et obligation de traitement dans les ZES en France, normes d’épandage restrictives au Danemark ».

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Mais ces tendances s’inversent, et les normes semblent converger. Les conditions d’épandage sont plus contraignantes en Allemagne, et la réglementation s’assouplit en France, ou au Danemark. En France, le régime d’enregistrement mis en place en 2014 a permis de lever le blocage de « l’évolution structurelle des élevages » ; les élevages peuvent grossir à condition de respecter l’équilibre de fertilisation. « L’adoption de réglementations fixant des objectifs de résultats va vers une harmonisation, dans le sens où partout les exploitants tiennent compte de plus en plus précisément des caractéristiques du milieu environnant », explique Boris Duflot.

L’Espagne est un cas à part, pointe l’étude. C’est le seul pays dont la réglementation n’a pas évolué ces dernières années, malgré une forte croissance de la production. Cependant l’économiste ne conclut pas que les élevages bénéficient de réglementations environnementales plus souples qu’ailleurs. Si la pression de la réglementation environnementale semble moins gêner le développement de la production espagnole, il se peut que l’explication vienne de « facteurs naturels, géographiques ou organisationnels », explique Boris Duflot. Par exemple, la densité animale y est moindre qu’en Bretagne ou au Danemark et les intégrateurs sont beaucoup plus mobiles que les éleveurs indépendants bretons.