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Porc : des résultats 2015 décevants atténués par les progrès techniques

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Sans surprise, 2015 fut une année décevante pour les comptes des producteurs de porcs français, qui voient leurs résultats baisser par rapport à 2014, rapporte l’Ifip-institut du porc. Mais ces résultats auraient pu être bien pires sans les progrès techniques qui ont marqué cette année de crise. En 2016, la progression des prix à partir de juin a permis aux agriculteurs d’enregistrer leurs premiers bénéfices depuis septembre 2015 (1).

« Les évolutions du prix du porc et de l’aliment n’ont guère été favorables aux éleveurs », constate sans surprise l’économiste de l’Ifip-Institut du porc Boris Duflot dans une synthèse des résultats économiques 2015, parue le 5 septembre. Marqués par l’embargo russe et une faible consommation estivale dans le nord de l’Europe, les prix de l’année 2015 ont été en moyenne inférieurs de 8 % à l’année précédente, et n’auront été compensés que trop partiellement par la baisse des charges, en particulier du prix de l’aliment (-6 %) sur la même période. Résultat, la marge « sur coût alimentaire et renouvellement » des élevages naisseurs-engraisseurs – le modèle le plus courant en France – a régressé de 86 €/truie par rapport à 2014, selon l’Ifip.

Progrès techniques

Outre la baisse de l’aliment, plusieurs facteurs ont concouru à la baisse des charges. Les charges de structures et diverses ont baissé de trois centimes, alors qu’elles avaient augmenté sur la période 2009-2014 ; parmi celles-ci, les frais financiers et la rémunération des capitaux propres ont baissé (-3ct/kg de carcasse), « grâce au recul des taux d’intérêt », tout comme le poste main-d’œuvre (-1ct/kg de carcasse), « en raison des baisses de charges sociales consécutives aux passables années 2013 et 2014 ». Autre facteur important, les progrès techniques. Parmi les agriculteurs suivis dans le cadre des bilans GTE (gestion technico-économique), la production a progressé de 0,4 porc produit par truie présente par an chez les naisseurs engraisseurs. L’Ifip rapporte également une amélioration de l’indice de consommation (-0,003pt), un alourdissement des porcs (+1,2kg carcasse par porc) et une progression du TMP (taux de muscle) malgré cet alourdissement.

Amélioration pour 2016

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La situation a sensiblement changé depuis fin 2015, avec l’essor de la demande asiatique depuis le printemps. Après un premier semestre positif en termes de prix, l’Ifip s’attend à un résultat positif en 2016. « La progression de 16 centimes du prix du porc en juin, puis de 12 centimes en juillet a permis aux éleveurs d’enregistrer des bénéfices pour la première fois depuis septembre 2015, note l’Ifip. La baisse du prix de l’aliment durant le premier semestre 2016 y a également contribué ». Mais l’Ifip de prévenir que l’amélioration du marché, essentiellement tirée par la demande chinoise « reste à la merci d’une éventuelle crise sanitaire ou commerciale ».

(1) voir Agra Presse du 5 septembre p. 45

Porc : la baisse du cheptel allemand s’accélère avec un recul de 3,7 % en mai 2016

Entamée en 2014, la baisse du cheptel porcin allemand s’accélère en 2016. Selon une enquête de cheptel réalisée en mai, le nombre de porcs a baissé de 3,7 % par rapport à mai 2015, pour atteindre 27,1 millions de porcs, « son niveau le plus bas depuis cinq ans », rapporte l’Ifip-Institut du porc dans sa note mensuelle de conjoncture, parue le 2 septembre. La baisse du cheptel de truies et des élevages qui en détiennent est encore plus élevée (-5,6 % et -10 %). La croissance allemande avait été « enclenchée en 1996 », rappelle l’Ifip, avant de « marquer un coup d’arrêt au début des années 2010 ». L’Ifip explique la baisse « pour partie par une situation économique difficile qui touche particulièrement les naisseurs », et un « durcissement des réglementations ».