Après trois années de baisse des niveaux d'approvisionnements en viande de porc, la production européenne devrait se redresser en 2015 et même augmenter légèrement au cours de la prochaine décennie. C'est en tout cas les prévisions un brin optimistes des auteurs d'un rapport de la DG Agriculture de la Commission européenne pour la période 2014-2024.
Les auteurs d'un rapport sur la situation des marchés de la viande porcine pour la période 2014-2024 estiment qu'après trois années de baisse des niveaux d'approvisionnement, la production européenne devrait se redresser en 2015 et même augmenter légèrement au cours de la prochaine décennie, avec une augmentation attendue de 2 % entre 2014 et 2024. Avec une consommation interne de viande de porc qui continue de diminuer lentement, les exportations devraient, quant à elles, croître de façon constante, grâce à une demande mondiale soutenue et un secteur de la viande de porc communautaire plus compétitif. Les experts européens expliquent que la réduction continue de la taille du troupeau de porcs communautaire observée depuis 2007 – principalement à cause des programmes de restructuration adoptés par de nombreux pays suite à une hausse des prix des aliments – s'est accélérée au cours des trois dernières années, pour un certain nombre de raisons.
CHUTE DE LA PRODUCTION COMMUNAUTAIRE
Tout d'abord, l'investissement requis par les nouvelles règles de protection des animaux pour le secteur porcin (entrées en vigueur le 1er janvier 2013), a conduit à une nouvelle baisse du nombre de truies reproductrices et a incité les éleveurs moins compétitifs à quitter le secteur. Deuxièmement, un foyer de peste porcine africaine à la frontière orientale de l'UE (pays baltes et Ukraine) a endommagé la production porcine de l'UE. Troisièmement, la Russie a imposé une interdiction sur les importations de viande porcine de l'UE en février 2014, après le déclenchement de cette peste porcine africaine, laquelle a accentué les incertitudes au niveau des marchés. Les auteurs du rapport s'attendent à voir chuter la production communautaire de viande porcine à environ 22,2 millions de tonnes en 2014. Ils estiment aussi qu'en dépit de l'embargo russe, les exportations totales de l'UE de viande de porc n'auraient diminué que de 8% en 2014. La Chine et Hong Kong sont les principales destinations pour les 10% de la production de viande de porc de l'UE qui sont vendus sur le marché international. Les volumes qui, dans des conditions normales de marché, seraient allés sur le marché russe, ont été détournés vers d'autres destinations, principalement le Japon, la Corée du Sud et les Philippines. Si dans la première moitié de 2014, l'embargo russe n'a eu aucune incidence importante sur les prix de la viande de porc, la faible demande dans l'UE s'est traduite par une pression à la baisse des prix. Le rapport de la Commission table sur un prix moyen communautaire d'environ 1 650 euros la tonne pour l'année 2014, soit une baisse de 6 % par rapport aux prix élevés observés en 2013.
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LA DEMANDE MONDIALE EN SOUTIEN AUX EXPORTATIONS
Selon les rapporteurs, la hausse de la demande mondiale de viande de porc devrait rester forte mais à un rythme plus lent que celui observé durant la décennie précédente (1,7% plutôt que 4,1% par an). Elle devrait atteindre 8,7 millions de tonnes d'ici 2024, soutenues par les pays de l'Asie orientale et en particulier la Chine. La part des importations de viande porcine de la Chine devrait doubler entre 2014 et 2024 (de 10 % à 20 %, soit près de 1 million de tonnes d'importations supplémentaires). Les exportations de l'UE devraient, quant à elle, augmenter de plus de 20% (ou 470 000 tonnes) entre 2014 et 2024, pour atteindre environ 2,5 millions de tonnes à la fin de cette période. Cette augmentation devrait, selon les auteurs du rapport, compenser les faibles exportations attendues sur le marché russe, du fait de la politique d'autosuffisance du pays et de l'interdiction des importations imposée aux pays qui ont dénoncé la politique russe en Ukraine. La production nationale de la Russie devrait de son côté augmenter de plus de 20% entre 2014 et 2024, à 3,9 millions tonnes. En outre, afin de garantir son approvisionnement en viande de porc pour compenser l'absence de viande de l'UE et des États-Unis, la Russie est en train de négocier des accords avec d'autres fournisseurs, comme la Corée du Sud, dont les exportations avaient été restreintes depuis 2010 (pour cause de fièvre aphteuse) et le Brésil (sous réserve de restrictions depuis 2011, en raison de l'utilisation de la ractopamine).
L'UE est le deuxième producteur mondial de viande de porc après la Chine et le plus grand exportateur au monde. Avec 152 millions de porcs et une production annuelle d'environ 23 millions de tonnes. Les principaux pays producteurs de l'UE sont l'Allemagne, l'Espagne et la France. Ils représentent ensemble la moitié de l'abattage total de l'Union. L'UE a une autonomie d'environ 110% et exporte environ 12% de sa production totale. Les principales destinations traditionnelles des exportations de l'UE sont la Russie et l'Asie orientale, en particulier la Chine.