L'Europe a développé ses envois de porc vers l'Asie de 23% depuis le début de l'année, l'équivalent de deux tiers des tonnages perdus à cause de l'embargo russe depuis février. Les Européens profitent notamment de la cherté du porc américain causée par la crise de diarrhée épidémique porcine.
DEPUIS le début de l'année, « les marchés asiatiques ont plus que jamais gagné en importance pour le porc européen », note l'Ifip-Institut du porc dans le Baromètre porc de novembre. Les six principaux importateurs asiatiques (Chine, Hong-Kong, Japon, Philippines, Corée du Sud, Taïwan) ont augmenté leurs achats en tonnes de 23% sur les huit premiers mois de l'année, par rapport à 2013. Le seul Japon a augmenté ses importations de 82 000 tonnes. Ce rebond des exports vers l'Asie (+230 000 t) équivaut à plus de deux tiers des tonnages perdus suite à l'embargo russe (-520 000 t). Ce qui porte le bilan des exportations au solde négatif de 191 000 tonnes par rapport à 2013. Un bilan « pas catastrophique au regard de la brutalité avec laquelle le marché russe a été fermé (le 29 janvier, ndlr) », estiment les analystes du Marché du porc breton (MPB) dans leur note mensuelle d'octobre.
Les Etats-Unis en retraitLes producteurs de porcs européens profitent notamment de la cherté du porc américain. Aux Etats-Unis, le prix du porc flambe depuis plus d'un an à cause de l'épidémie de diarrhée épidémique porcine (DEP), ce qui affaibli les positions des Américains à l'export. Par un jeu de chaises musicales, les porcs européens ont remplacé les porcs américains sur plusieurs marchés asiatiques, explique-t-on à l'Ifip. C'est notamment le cas au Japon, pays lui-même touché par la DEP, mais aussi aux Philippines et à Taïwan où depuis le début de l'année les exportations américaines (USA et Canada) reculent respectivement de 31% et 21%.
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En Europe, les exportations vers les pays tiers reculent globalement de 9,5%. Tous les pays européens ne s'en sortent pas de la même façon, au jeu de trouver de nouveaux débouchés. « L'Espagne tire son épingle du jeu, les exportateurs espagnols font feu de tout bois et accentuent leur présence sur tous les marchés », estime le MPB. En cette période post-embargo, elle a réussi l'exploit de faire progresser ses exportations de 17% par rapport à 2013 sur les huit premiers mois de l'année. A l'inverse les exportations depuis l'Allemagne (-14%), la France (-12%) et le Danemark (-6%) reculent.
Ajoutons à cela une consommation de porc en berne en Allemagne, principal producteur et consommateur de porc en Europe, depuis le début de l'année, et se dessinent les principales raisons de la baisse des cours européens depuis le début de l'année.