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Porc : la FNP s’intéresse à la Pac par le prisme de la gestion des risques

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Historiquement exclus des aides directes de la Pac, les éleveurs de porcs de la Fédération nationale porcine (FNP) étudient la possibilité de bénéficier des nouveaux outils de gestion des risques actuellement en gestation à Bruxelles. Lors de leur assemblée générale, ils ont par ailleurs demandé une clause de sauvegarde sur les importations de sangliers venant de Pologne, mettant en avant un risque de contamination par la peste porcine africaine (PPA).

À l’occasion de l’assemblée générale de la Fédération nationale porcine (FNP) le 13 juin, son président Paul Auffray a expliqué que sa structure a créé récemment, pour la première fois de son histoire, un groupe de travail sur la Pac, en vue de faire bénéficier les éleveurs de porcs d’une éventuelle réorientation des soutiens de la Pac vers les outils de gestion des risques. « Il n’y a pas de raisons que nous soyons exclus des travaux sur la gestion des risques dans la Pac », a expliqué Paul Auffray à ses adhérents, qui l’ont reconduit pour un deuxième mandat à l’occasion de l’assemblée générale. « Nous souhaitons porter ce sujet à la FNSEA », a-t-il ajouté.

La FNP parie notamment sur la création, à l’occasion de la réforme de la Pac ou du règlement Omnibus, de soutiens européens qui abonderaient des fonds de mutualisation par filière. La FNP et l’interprofession travaillent depuis plusieurs années, en vain jusqu’ici, à la création d’un fonds sectoriel, à destination des éleveurs et financé par un prélèvement auprès du consommateur, comme cela existe déjà en Allemagne et en Belgique. « Nous avions essayé de reprendre l’idée d’un fonds de crise, mais certaines coopératives ont essayé de dire que c’était une erreur », rapporte le président de la FNP. Actuellement, les producteurs de porcs ne bénéficient des aides de la Pac qu’au travers de leurs productions végétales ; le porc est considéré « comme un sous-produit des céréales », résume Paul Auffray.

Alerte sur les importations de sangliers d’Europe de l’Est

Dans un contexte plutôt porteur pour le porc (voir encadré), l’un des sujets syndicaux les plus brûlants est pour le moins original : l’importation de sangliers venus d’Europe de l’Est pour des réserves de chasse, qui menacerait les élevages français d’une contamination par la peste porcine africaine (PPA), estime la FNP. « Nous continuons d’avoir des échanges avec la Pologne de sangliers à destination de réserves de chasse privées, provenant théoriquement de zones non contaminées par la PPA », rapporte le responsable des dossiers sanitaires, Jeff Trebaol. La Fédération nationale porcine demande à la DGAL de déclencher une clause de sauvegarde sur les importations de sangliers polonais. 2 500 à 3 000 sangliers seraient importés d’Europe de l’Est chaque année. « On nous répond que cela pourrait détériorer les relations diplomatiques », déplore Jeff Trébaol.

Des indicateurs de bien-être du porc en juin-juillet

Autre nouveauté syndicale à la FNP : le sujet de l’achat d’énergie par les éleveurs. Le syndicat constate que les frais d’énergie augmentent année après année dans les élevages, eux-mêmes de plus en plus équipés en systèmes de ventilation. Et il veut créer, avec d’autres partenaires, un groupe de travail sur le dossier, afin mieux de défendre les intérêts des producteurs dans ce domaine.

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Enfin la FNP attend pour juin-juillet les premiers résultats d’une étude sur les indicateurs de bien-être en élevage, qu’elle a conduite depuis deux ans à travers un groupe de travail composé d’éleveurs. Le sujet est revenu sur le devant de la scène en début d’année, avec une vidéo de L214 tournée dans un élevage du Finistère, dénonçant les conditions d’élevage en production porcine. Paul Auffray a d’ailleurs rappelé la solidarité du syndicat avec l’élevage visé.

Interprofession porcine : le budget de l’Ifip victime collatérale du départ de la Fict

À l’occasion de l’assemblée générale de la FNP le 14 juin, le président de l’Ifip Jacques Lemaitre a expliqué aux congressistes que son institut vivait avec « des contraintes budgétaires plus serrées en 2016 et 2017 », mais espérait « retrouver des ressources suffisantes pour continuer les travaux entamés ». Les baisses proviendraient à la fois du Casdar et de l’interprofession. Les budgets du Casdar seraient victimes « de fortes évolutions ces dernières années ». De plus, « le Casdar est lié à la conjoncture, et avec l’année 2016 difficile que l’on a connue, les ressources vont être resserrées », a expliqué Jacques Lemaitre. Par ailleurs, « l’interprofession a décidé de reporter sur l’Ifip une certaine baisse de participation », a-t-il expliqué, faisant allusion au départ de la Fict de l’interprofession, l’année dernière. L’Ifip compense en partie ces baisses par une augmentation des prestations de services à des entreprises, et souhaite également développer les services apportés directement aux éleveurs dans le domaine du numérique.

Cours du porc : l’Ifip révise ses prévisions pour 2017 à la hausse

L’économiste de l’Ifip Jan Van Ferneij a annoncé lors de l’assemblée générale de la Fédération nationale porcine (FNP) que son institut venait de réviser à la hausse ses prévisions pour le cours du marché du porc breton (MPB) en 2017. Les prévisions de production restent inchangées, mais les stocks européens sont plus bas que prévus, et la consommation américaine beaucoup plus forte. Le cours du porc devrait augmenter de 11 % par rapport à l’année dernière. Le président de l’interprofession porcine Guillaume Roué s’est montré le plus optimiste concernant la conjoncture, accusant même l’économiste de l’Ifip d’être trop pessimiste sur les perspectives d’achats chinois cet hiver, ou à l’horizon 2020. « Le prix du porc baisse actuellement en Chine, ce qui accentue la baisse de production, a-t-il lancé. L’hiver prochain, ils seront de retour aux achats ».