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Porc : le CRP de Bretagne propose un plan d’arrêt massif de la castration

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Le Comité régional porcin (CRP) de Bretagne va ouvrir trois chantiers afin d'orienter massivement la production française vers le mâle entier.

Dans la perspective de l'interdiction de la castration à vif au 1er janvier 2022, les éleveurs du Comité régional porcin (CRP) de Bretagne estiment que le mâle entier sera demain la règle, et le porc castré l'exception. Ils ont donc décidé d’ouvrir trois chantiers pour orienter massivement la production française vers le mâle entier, ont-ils fait savoir le 18 décembre.

Le premier chantier du CRP concerne la redéfinition des règles de mise en marché à partir du 1er janvier 2022. Le mâle entier devenant la règle et le porc castré l’exception, le prix de base fixé au Marché du Porc Breton ne devra plus concerner que les mâles entiers. Les porcs castrés soumis à dérogation « devront être valorisés par des plus-values dédiées et définies dans la grille de paiement ». Une nouvelle grille de paiement sera donc nécessaire.

Le contrôle des odeurs de carcasses de mâles entiers, essentiel dans la production de mâles entiers – un mâle entier produit des hormones susceptibles de se loger dans le gras et de produire de mauvaises odeurs – « doit être réalisé sous la responsabilité d’Uniporc Ouest(...) (…) par la mise en œuvre d’une méthode éprouvée et certifiée », ajoute le CRP.

L’organisme professionnel de classement des carcasses dispose d’agents dans une bonne partie des abattoirs français. Cooperl, première coopérative porcine française massivement engagée dans le mâle entier, emploie des agents pour sentir les carcasses. Ailleurs en Europe où les pays producteurs (en premier lieu l’Espagne) ne castrent pas 45 millions des 127,5 millions de porcs mâles (chiffre de 2020, selon l’IFIP), il existe des systèmes automatiques

Accords professionnels sur la castrations

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En parallèle, le CRP propose la création de « références collectives pour mettre en place des démarches de progrès en élevage (génétique, alimentation NDLR) pour limiter la fréquence de carcasses odorantes ». Toutes ces orientations devront être intégrées dans le cahier des charges du Porc Français, souligne le CRP. 

Certains marchés, notamment en salaisons, auront toujours besoin de porc non castré, dont la viande est un peu plus grasse que celle des mâles entier, estime le CRP. Pour les alimenter, les éleveurs demandent à l'Etat de prendre quelques dispositions supplémentaires d'encadrement.

Dans son arrêté publié le 24 dévrier 2020, le gouvernement stipule que la castration des porcelets ne pourra être réalisée qu’après « anesthésie et analgésie » pratiquées par les seuls vétérinaires, sauf dérogation accordée aux éleveurs pour les animaux de « sept jours ou moins ».

Les éleveurs du CRP veulent continuer de castrer eux-mêmes avec l’accord des vétérinaires et réclament de subordonner cette dérogation « à la signature d’accords professionnels (…) associant les parties prenantes : vétérinaires, éleveurs et abatteurs ».

Vers un contrôle des odeurs par Uniporc