Lors de journées de réflexion organisées par l’Ifip, les opérateurs de la filière ont mis en avant les difficultés à financer les reprises d’exploitations porcines. Celles-ci vont requérir de plus en plus l’aide du cédant, de leurs groupements ou d’investisseurs tiers.
Lors d’une journée de réflexion organisée par l’Ifip le 6 décembre, le président de la Fédération nationale porcine (FNP), Paul Auffray, a affirmé que « le modèle familial a du plomb dans l’aile ». Il a expliqué que la moitié des élevages bretons devaient trouver un repreneur dans les dix ans, et que la filière avait « un gros souci pour motiver les jeunes » à se lancer. Nombreux sont rendus frileux par « la crise et les montants en jeu ». Entre 1 et 1,2 million d’euros pour un élevage de 300 truies, considéré comme un modèle solide pour s’installer. Trois millions d’euros pour un élevage de 700 truies. « Demain, imaginer un jeune apporter 30 % de cette somme, c’est mission impossible, estime Thierry Gallou directeur d’Aveltis. Il faudra intégrer le cédant et la BPI. Aveltis donne un coup de pouce, mais il faudra des montages innovants. Innovants mais simples et compréhensibles pour qu’ils puissent être compris et donc défendus par les jeunes tout au long de leur carrière ».
Le président de la FNP plaide pour « la création de nouveaux outils », sans préciser lesquels. Il craint que la production ne se dirige vers une intégration, comme cela s’est passé en Espagne.
Coups de pouce des groupements
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Plusieurs structures collectives bretonnes ont présenté leurs outils pour soutenir l’investissement des jeunes ; Triskalia propose de prendre 5 % de participation pendant sept ans au travers d’une société d’investissement. De son côté, le groupement Aveltis a choisi de donner un « coup de pouce » sous forme de prêt. « Pour installer des jeunes, il faut les écouter », explique le responsable développement de la coopérative Triskalia, Philippe Le Vannier. "Ils ne veulent pas travailler tout seul, pour prendre des week-ends, des vacances. Ils ne veulent pas jouer à la loterie, veulent un minimum de sécurité ».
Autre problème soulevé, l’hétérogénéité technique entre éleveurs. Les acteurs présents se sont accordés pour dire que les écarts de technicité, cumulés sur plusieurs années, représentent des enjeux financiers considérables dans les exploitations porcines. « Le modèle standard, de 200-250 truies est performant, estime l’économiste de l’Ifip, Christine Roguet. Le problème, c’est que nous avons une queue de peloton en retard avec les standards. »