Pour renforcer le Marché du porc breton (MPB), l’AOP Porc Grand Ouest travaille à une plus grande segmentation de l’offre présentée dans le catalogue de vente. Mais le dossier avance lentement. Pour l’instant, les 25 000 à 27 000 porcs mis chaque semaine aux enchères du seul marché au cadran français de Plérin (Côtes d’Armor) se résument à deux niveaux de qualité. L’une dite conventionnelle (les trois quarts de l’offre) répond au cahier des charges régional mis sur pied par les groupements en 1997. Il est dit QT pour Qualité Traçabilité et constitue le socle de base de la qualité porcine régionale. Le dernier quart est constitué du cahier des charges Cochon de Bretagne, une certification de conformité produits lancée par les éleveurs bretons en 2003.
Mais les éleveurs veulent aller plus loin en mettant au catalogue du MPB de nouveaux segments de qualité dont leurs groupements seraient propriétaires. L’idée n’est pas nouvelle mais elle n’a pu aboutir à ce jour, faute d’accord entre groupements. Les industriels ont pu multiplier leurs propres cahiers des charges (label rouge, sans antibiotiques, etc.) et ainsi capter en direct du volume. C’est ce déséquilibre que les éleveurs veulent inverser pour conforter le prix du porc. Ils disposent pour cela d’un véhicule à même de le faire : la jeune Association d’organisations de producteurs (AOP) Porc Grand Ouest.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« L’AOP a pour objectif de monter un cahier des charges commun à toutes les OP », expliquait il y a quelques jours Michel Bloc’h, président de l’Union des groupements, lors de l’assemblée générale des 50 ans du MPB. Ce cahier des charges pourrait mettre en avant différents items (bien-être animal, biodiversité, réduction de gaz à effets de serre…), des bonnes pratiques qui appartiennent aux éleveurs et qui sont attendues par le marché. D’autres segments sont envisageables : des porcs nourris par de l’aliment fabriqué à la ferme, élevés en HVE, etc., indique-t-on à l’AOP. Sans oublier le mâle entier. Le MPB se déclare prêt à cette évolution. Mais encore faut-il que les OP le décident ensemble. À l’AOP, on ne voit pas cette évolution intervenir avant 2023.