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PORC/INTERPROFESSION Porc : les salaisonniers claquent la porte de l'interprofession

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Les salaisonniers français de la Fict ont annoncé qu'ils ne signeraient pas le projet d'accord interprofessionel. Pour le président de l'interprofession, ce départ est un « sabotage de l'effort collectif ».

Les salaisonniers de la Fédération des industriels charcutiers et traiteurs (Fict) ont annoncé le 22 janvier qu'ils ne signeront pas « le projet annuel d'accord interprofessionnel » de l'Inaporc et qu'elle ne participerait plus « aux discussions stériles » de l'interprofession. Alors que les manifestations des éleveurs s'amplifient dans l'ouest de la France, la Fict dénonce « les stratégies perdantes de l'actuelle interprofession porcine ». Face aux difficultés de la filière porcine française, une « feuille de route interprofessionnelle » avait été rédigée, mais, déplore la Fict, elle « n'a pas été suivie d'effet ». Selon la Fict, « 80 % de la viande de porc utilisée par les charcutiers français provient de France ». Ce chiffre pourrait « encore augmenter s'il n'existait pas de déficit structurel en France sur certaines pièces de porc », estime la Fict qui accuse Inaporc de ne pas avoir « pris en compte ces faits » et « négligé les demandes qualitatives de la Fict ».

L'INTERPROFESSION DÉNONCE « L'ÉGOÏSME » DES SALAISONNIERS

Prenant connaissance de la décision de la Fict, Inaporc a réagi, dans un communiqué du 25 janvier, en expliquant que la Fict montre ainsi « son vrai visage, celui de l'égoïsme et du sauve-qui-peut ». Selon l'Inaporc, ce départ « s'oppose, au pire moment, à la recherche de toute solution collective ». Aux accusations d'avoir « négligé (s)es demandes qualitatives », l'Inaporc répond qu'elle a « engagé des travaux concrets en cours d'application » dans le domaine. Selon l'Inaporc, la Fict veut se garder « toute latitude pour pouvoir importer des viandes en provenance d'autres pays européens au moment où l'évidence conduirait à resserrer les liens ». « Ce sabotage de l'effort collectif aura de lourdes conséquences », prévient Inaporc. Sur les organismes de gestion de l'équarrissage, du sanitaire, de l'identification des porcs et sur l'Institut technique. Même réaction du comité régional porcin (CRP) de Bretagne : « Les grands faiseurs veulent continuer à travailler avec de la viande qui vient de n'importe où », a réagi son président Philippe Bizien, appelant toutefois à l'unité. « On ne pourra être efficace que dans l'union ».

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LE VILAIN CANARD DE LA PROFESSION

C'était déjà eux, les salaisonniers de la Fict, qui, à la création de l'interprofession en 2003 avaient été les plus difficiles à convaincre de participer, se souvient Jacques Lemaitre, ancien président de la Fédération nationale porcine (FNP). Depuis dix ans, les salaisonniers sont accusés de raisonner comme des acteurs européens, plus que comme des acteurs français. En somme de manquer de patriotisme. Et pour cause : Herta ap-partient à un groupe suisse, Aoste à des Mexicains, Fleury-Michon a une présence industrielle dans quatre pays en UE. L'actuel représentant des salaisonniers, le président de la Fict, Robert Volut rassemble sur sa personne beaucoup de critiques, notamment de la part de la FNP qui refuse de discuter avec lui, mais aussi du président de l'Inaporc, qui l'accuse de jouer un double jeu. En cause, son mandat à la tête de la fédération européenne des transformateurs (Clitravi). Comme le rappelle le président d'Inaporc Guillaume Roué, cette fédération est opposée à l'étiquetage de l'origine des viandes dans les produits transformés ; qui est une revendication centrale d'Inaporc et de la FNP.