Les propriétaires d’un élevage de porcs fournissant la marque Herta ont été condamnés le 6 avril à 25 000 euros d’amende pour « mauvais traitement à animal », par le tribunal correctionnel de Moulins. Le tribunal a prononcé une peine de 50 000 euros d’amende, dont 25 000 avec sursis, considérant que la coupe systématique de la queue des animaux était un acte de maltraitance. Cet élevage de 9 000 porcs situé à Limoise (Allier) avait été épinglé dans des vidéos de l’association L214. « C’est une décision très sévère. Mes clients sont condamnés pour une infraction délictuelle, on leur dit que la maltraitance est intentionnelle. On criminalise une pratique d’élevage qui concerne 99 % des éleveurs européens », a réagi auprès de l’AFP l’avocat des propriétaires, Me Paul Morrier. « C’est une première et c’est un signal inquiétant envoyé à l’élevage en général », a-t-il ajouté, envisageant d’interjeter appel. Selon une enquête conduite en 2018 par la Commission européenne, plus de trois porcs sur quatre (77 %) subissent une caudectomie en routine en Europe.
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De son côté, l’association L214 a salué une condamnation « historique », dans un communiqué. « Pour la première fois, la justice condamne cette pratique, interdite depuis près de vingt ans par l’arrêté du 16 janvier 2003. » Effectivement, « la réglementation indique que la section partielle de la queue ne peut être pratiquée sur la base d’une routine, expliquait Valérie Courboulay, experte bien-être animal à l’Ifip, interrogée en 2018 par Agra Presse. Mais sous réserve de l’observation de blessures persistantes malgré la mise en place de mesures permettant de les limiter ». Et cette technicienne de s’interroger : « Si on regarde attentivement, on trouvera régulièrement des signes de lésions aux queues de certains animaux dans la plupart des élevages. De plus, les éleveurs ont mis en place des pratiques, comme l’enrichissement du milieu, mais jusqu’où faut-il aller ? »