Dans l’univers de la production porcine, 2011 aurait dû constituer un cru exceptionnel, parmi les meilleurs de ces vingt dernières années. Las ! Sur la planète « cochon », les producteurs ont dû composer avec un coût alimentaire en folie, parmi les plus hauts de la période. L’exercice marque cependant le potentiel de la demande mondiale des années futures.
Tirés par une forte demande en provenance du Japon, de la Russie, mais surtout de la Chine et de la Corée du Sud (en déficit l’an passé pour des raisons sanitaires), les échanges du commerce mondial se sont accélérés et la production mondiale a atteint un niveau record, à 110 millions t, ont expliqué il y a quelques jours les dirigeants du Marché du porc breton (seul marché au cadran de porcs vifs en France qui fête ses 40 ans cette année), au cours de leur assemblée générale. Pratiquement la moitié provient de Chine (50 millions t), suivi par l’Union européenne (22,5 millions t), les Etats-Unis (10,3 millions t), le Brésil (3,2 millions t) et la Russie (2 millions t).
7 à 8 % de la production mondiale fait l’objet d’échanges internationaux. Ainsi, en France comme ailleurs dans le monde, c’est la demande mondiale qui a soutenu la fixation du prix du porc. Le prix moyen annuel a atteint, en 2011 en France, 1,309 € en prix de base, c’est-à-dire qu’avec les différentes primes qualité, le prix moyen payé aux producteurs s’est fixé à 1,454 €. Une augmentation de 13 % par rapport à la rémunération moyenne de l’année précédente. Mais le coût alimentaire, lui, a flambé de 34,5 % sur la même période et le coût de revient augmenté de 20 %. Résultat, les éleveurs de porcs ont perdu 6 à 7 cents du kilo de carcasse avec le meilleur cours du porc depuis 2001, déplore le MPB qui précise que « 2011 a été la cinquième année consécutive de résultat négatif pour le producteur moyen européen ».
Année difficile pour l’industrie
Dans ce contexte de hausse des coûts d’approvisonnement, l’industrie de l’abattage découpe a connu, comme les producteurs, une année difficile. Elle n’a pas pu, en effet, les répercuter auprès de ses clients, des salaisonniers pour les trois quarts de ses volumes, GMS, RHD, grossistes pour le reste. Si « la demande en 2012 n’est pas connue au pourcentage près », le MPB pronostique une année qui devrait être « bénéfique au producteur » si la demande mondiale était égale à celle de 2011, la production étant « estimée en légère hausse en Amérique (Nord et Sud), en baisse dans l’UE». Mais dans le même temps, le prix des intrants alimentaires ne semble pas près de se détendre. Pour que les producteurs connaissent enfin une année bénéficiaire, il faudrait donc que le prix du porc vif fixé sur l’année au MPB « à 1,50-1,55 € en prix de base », souligne son président, Daniel Picart. La demande mondiale paraît robuste dans les années à venir. Des experts prévoient, à l’horizon 2020, « une hausse de la consommation de 9 %, ce qui implique un développement soutenu des exportations», rapporte le MPB. À court terme, cependant, la production européenne aura à souffrir de l’obligation de mettre aux normes les bâtiments abritant les truies. Compte tenu des difficultés économiques rencontrées depuis plusieurs années, des producteurs préfèreront jeter l’éponge. « Des économistes prévoient une réduction du cheptel des truies en Europe de 5 à 10 % en fonction de la conjoncture », précise Jean-Pierre Joly, directeur du MPB.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.