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Porc : vers un étiquetage obligatoire du mode d’élevage en Allemagne

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Le deuxième producteur européen de porcs s’achemine vers un étiquetage obligatoire des conditions d’élevage sur la viande de porc. L’initiative inquiète un secteur déjà chahuté par la peste porcine africaine et l’inflation.

En Allemagne, deuxième producteur européen de porcs, le gouvernement fédéral allemand a récemment publié un projet de loi visant à instaurer un étiquetage obligatoire du mode d’élevage sur la viande de porc. Le texte a été approuvé le 12 octobre et « la procédure parlementaire est sur le point de démarrer », précise le ministère fédéral de l’Agriculture sur son site web (page en anglais). Au 8 novembre, elle n’avait toutefois pas encore débuté. L’étiquetage fournira des « informations neutres » sur les conditions d’élevage durant la phase d’engraissement. Il comportera cinq niveaux : bâtiment standard (minimum réglementaire), bâtiment amélioré (+20 % d’espace), bâtiment avec accès extérieur, plein air, bio. Il sera obligatoire « si les animaux sont élevés en Allemagne et si les produits alimentaires [qui en sont issus] sont vendus à des consommateurs finaux en Allemagne ». Les produits importés en provenance de l’UE ou des pays tiers pourront l’apposer de manière facultative. Dans un premier temps, cet étiquetage s’appliquera à la viande de porc non transformée (fraîche, réfrigérée et congelée), qu’elle soit conditionnée ou non, et ce dans plusieurs canaux de distribution (GMS, grossistes, épiceries, vente en ligne). Le ministère compte l’étendre « rapidement » à d’autres espèces, à la RHD et aux produits transformés.

Demande réorientée vers l'origine allemande

Outre-Rhin coexistent déjà plusieurs labels privés portant sur les conditions d’élevage. « Selon le ministère, le Haltungsform privé (l’un de ces labels, NDLR) et le nouvel étiquetage obligatoire pourront apparaître côte à côte sur les emballages », indique relève l’Ifip (Institut français du porc) dans son Baromètre de novembre. Un mois plus tôt, dans son Baromètre d’octobre, l’institut technique remarquait que l’inflation « vient inverser la tendance sociétale préexistante vers plus de bien-être animal ». « Les initiatives 5D, Tierwohl ou encore Haltungsform 3 peinent à trouver des débouchés », alors que la demande se réoriente vers de la viande d’origine allemande.

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Le projet d’étiquetage obligatoire est un des quatre axes de la stratégie fédérale pour « l’élevage du futur », précise le ministère dans un document. Les autres volets portent sur le financement de la conversion des bâtiments d’élevage, le durcissement de la réglementation sur le bien-être animal et des adaptations administratives. Alors que l’Allemagne est l’un des pays européens où le cheptel porcin recule le plus, « les syndicats agricoles craignent des distorsions de concurrence et une délocalisation de la production à l’étranger », note l’Ifip.

Les éleveurs craignent des distorsions de concurrence