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Porc/Chine : des droits définitifs réduits sur les importations de l’UE

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Après avoir bouclé son enquête antidumping sur les importations de viande porcine de l’UE, Pékin a décidé d’imposer des droits définitifs revus à la baisse. Un soulagement pour la France et l’Espagne, moins touchées. Pour Bruxelles, l’enquête repose sur des allégations douteuses et des preuves insuffisantes.

Après un an et demi d’enquête, le ministère chinois du Commerce a publié, le 16 décembre, sa décision finale concernant les allégations de dumping de la part des importations de porc et de sous-produits porcins en provenance de l’UE. Après le cognac et bientôt les produits laitiers, Pékin impose donc depuis le 17 décembre et pour une période de cinq ans, des droits antidumping définitifs sur les importations porcines en provenance du Vieux continent allant de 4,9 à 19,8 % en fonction des entreprises. Celles considérées comme partenaires coopérants sont soumises à un droit antidumping de 9,8 %.

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Dans le détail, les autorités de l’empire du Milieu ont conclu que les importations européennes donnaient lieu à du dumping, causant un préjudice important à l’industrie nationale, et qu’il existait un lien de causalité entre ce dumping et le préjudice. Toutefois, le gouvernement chinois a sensiblement réduit ses taux antidumping par rapport aux sanctions provisoires qu’elle impose depuis le 10 septembre. Celles-ci prenaient la forme d’un dépôt de garantie avec un taux pouvant aller de 15,6 % à 62,4 % en fonction de la coopération des entreprises avec les services chinois dans le cadre de l’enquête.

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En France, l’annonce des mesures chinoises a provoqué un sentiment de soulagement chez l’interprofession porcine française (Inaporc). Dans un communiqué du 16 décembre, Inaporc se félicite de ce « taux limité » qui s’applique à « toutes les entreprises françaises exportant de la viande et des abats de porc vers la Chine ». Il faut dire que celles-ci étaient jusqu’ici soumises au taux provisoire de 20 % en moyenne et pour certaines jusqu’à 62,4 %. Même son de cloche en Espagne où le ministre espagnol de l’Agriculture, Luis Planas, évoque un résultat « positif » évitant soigneusement toute critique à l’égard de Pékin, premier importateur de porc du pays.

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Mais les droits antidumping chinois pourraient aussi créer des disparités dans l’UE alors que l’entreprise danoise Danish Crown sera taxée à hauteur de 18,68 % et la néerlandaise Vion à 19,8 %. Au niveau institutionnel, l’exécutif européen a réagi avec inquiétude à l’annonce de la mise en place des droits antidumping estimant notamment que l’enquête repose sur des allégations douteuses et des preuves insuffisantes. Selon un porte-parole, « la Commission européenne examine actuellement les droits définitifs annoncés et évalue minutieusement toutes les informations disponibles au regard du respect des règles de l’OMC ». Et de conclure en assurant que Bruxelles « prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre les droits des producteurs de l’UE ».