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Tech&bio Porcs bio : des contrats ajustent les prix en fonction du coût de l'aliment

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La filière porc bio française propose des contrats pour commercialiser les animaux. Coop de France en a présenté deux exemples au Salon Tech&bio qui se tenait à Bourg-lès-Valence les 23 et 24 septembre.

« Nous proposons un ajustement du prix d'achat des porcs en fonction du prix de l'aliment charcutier », a expliqué Franck Giraud, de la coopérative Cavac, lors d'une conférence organisée par Coop de France au salon Tech&bio à Bourg-lès-Valence dans la Drôme, le 23 septembre. Pour les engraisseurs de porcs bio installés, le prix de base est de 3,40 euros le kilo de carcasse pour un aliment à 500 euros la tonne. Si l'aliment varie de 10 euros la tonne, le prix de reprise évolue de 0,03 euro. Le contrat est d'un an et il est reconductible. Pour les créations d'atelier, le prix de base est de 3,45 euros et la durée des contrats est de huit ans. La filière française de porcs bio est réduite. Selon l'Agence bio, le cheptel de truies bio en France représentait à peine 0,8% du cheptel national de truies en 2014. Mais la filière démontre qu'une contractualisation concertée et équitable est possible entre les différents maillons de la production jusqu'à la distribution.

Contrat tripartite

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Le contrat peut aussi être tripartite entre le groupement de producteurs, le distributeur et l'industriel. Pour rappel, la grande distribution reste le premier débouché du porc bio en France (voir graphique). Corentin Hamard, directeur commercial d'Erca Bio (leader des abattages de porcs bio en France), explique : « Depuis 2012, il y a un partenariat entre Système U, Erca bio et Les Porcs bio de France (élevage de 80% des porcs bio en France, ndlr) ». Les Porcs bio de France regroupent plusieurs groupements de producteurs de porcs bio dont Biodirect, Unebio et Porcs Bio Cœur de France. Ainsi, Erca bio travaille avec 90 producteurs et commercialise 37 000 porcs chaque année. « La définition du prix ne se fixe pas comme dans une négociation classique », précise Corentin Hamard. Dans les contrats, les volumes sont inscrits, mais également l'assurance que les éleveurs fassent des animations en magasins. La lettre d'engagement tripartite fonctionne car chaque signataire a une visibilité. Concrètement, le transformateur du trio est choisi en commission par le distributeur et les éleveurs. Puis, les éleveurs gèrent les commandes hebdomadaires des transformateurs. « Ils doivent répartir équitablement les approvisionnements sur chaque abatteur », décrit Corentin Hamard. S'agissant des prix, il y a un suivi trimestriel des cours de l'aliment. « L'enjeu est de taille car l'alimentation représente 80% du coût de produc-tion », poursuit-t-il. Ensuite, la particularité du contrat est le mode de révision du prix. « Lorsque le prix de l'aliment augmente, celui du porc augmente aussi », résume Corentin Hamard. En ce moment, le prix du porc est payé 3,45 euros le kilo de carcasse abattu pour un prix de l'aliment à 480 euros la tonne.