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Poudre de lait : Coralis entre dans la danse

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Les industriels laitiers envisagent tous d’investir dans le séchage du lait, en forte croissance sur le marché mondial. Exemple dans l’Ouest avec la coopérative Coralis (Ille-et-Vilaine).

C’est décidé, la coopérative Coralis (260 millions € de chifffre d’affaires l’an passé) va investir une quinzaine de millions d’euros d’ici à 2013 dans le séchage du lait sur son site industriel de Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), qui est également son siège social. Il s’agira d’une tour d’une capacité annuelle de 200 millions de litres de lait pour fabriquer des poudres de lait écrémé et de poudre de lait entier, et non d’une technologie de type « lait infantile », plus onéreuse. La mise en service est prévue au second semestre 2013. L’investissement peut paraître sous-évalué. Il correspond, en fait, au prix du réaménagement d’une ancienne tour de séchage que Coralis a démantelé il y a vingt ans, pour l’intégrer dans un ensemble industriel dédié au lait UHT, une des spécialités de Coralis qui collecte 295 millions de litres auprès de 709 exploitations situées dans un rayon de 40 km.
Avec l’abandon des quotas laitiers à partir de 2015, les opérateurs du lait doivent adapter leur stratégie. « Il y a un an, nous avons interrogé nos producteurs sur leurs intentions, explique le directeur général, Willy Patsouris. À l’époque, il ressort que nos adhérents prévoient d’augmenter leur production d’un tiers ». Grand spécialiste du lait UHT via Orlait dont elle est actionnaire, Coralis se rend vite compte qu’il n’y a que l’industrie du sec qui peut lui permettre de transformer ce lait supplémentaire annoncé, sans pénaliser la valeur de ses PGC (beurre plaquette et crème). « Les marchés des PGC stagnent quand la demande en produits secs explose », poursuit le directeur général.
Grâce à sa future tour, Coralis prévoit de transformer en poudre le lait excédentaire annuel actuellement transformé en lait concentré (et vendu généralement à des fabricants de poudre) et le lait supplémentaire futur. Ainsi Coralis ne touchera pas aux volumes qu’elle destine actuellement à la fabrication de PGC. Objectif : créer de la valeur sur site, sur la totalité de la collecte. « Nous avons besoin de sécher maintenant 150 millions l de lait, et 200 millions dans un second temps », précise M. Patsouris. Il est possible aussi que la tour de séchage puisse servir à sécher le lait de tiers. Mais là, rien n’est arrêté. Une seule certitude : « La construction d’une tour de séchage n’est plus une variable d’ajustement de son offre, souligne Willy Patsouris. Une tour doit être parfaitement rentable. » Le groupe Coralis fabrique également de l’aliment du bétail en partenariat avec Cooperl Arc Atlantique et a des activités d’appro et de collecte, pour un CA consolidé de 348 millions €.

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