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AIDE D'ETAT/AVICULTURE Poulet export : Tilly-Sabco obtient le concours de la puissance publique

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L'industriel Tilly-Sabco, spécialisé dans l'abattage de poulets destinés être exportés congelés sur Pays Tiers, vient d'obtenir de l'aide publique pour poursuivre son activité. Mais il va devoir ouvrir son capital pour essayer de pérenniser son activité et les 330 salariés de l'entreprise.

LE p.-d.g. de Tilly-Sabco, Daniel Sauvaget, avait annoncé en février qu'il sollicitait Bpifrance pour obtenir un emprunt obligataire de 4 millions € pour sécuriser sa trésorerie et accélérer « (sa) montée en puissance (…) sur les prochains mois », disait-il alors dans un communiqué. Tilly-Sabco et Doux, principaux industriels européens du poulet congelé sur Pays Tiers depuis plus de trente ans, essaient de faire évoluer leur modèle économique depuis la mise à zéro du mécanisme des restitutions à l'exportation, le 18 juillet 2013. Bpifrance a rejeté la demande de Tilly-Sabco, mais l'aide est finalement venue des pouvoirs publics. État, Région Bretagne et chambre de commerce de Morlaix ont indiqué, le 26 mars, qu'ils vont « soutenir l'évolution de la société Tilly-Sabco en apportant 4 millions € en avances remboursables. » En contrepartie, les titres de l'entreprise sont transférés dans une fiducie de gestion, une structure juridique particulière qui doit permettre « de garantir aux prêteurs publics la cession des titres à un repreneur », poursuit le communiqué. Autrement dit, il s'agit de « faciliter à terme la cession partielle ou totale de l'entreprise », explique son p.-d.g., Daniel Sauvaget.

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Si Daniel Sauvaget conserve le contrôle opérationnel de l'entreprise, les termes de la convention passée avec les prêteurs sont clairs. « J'ai l'initiative seul sur les trois premiers mois pour trouver une solution pérenne pour l'avenir de Tilly-Sabco, et les six autres mois, l'Etat pourra intervenir à mes côtés », c'est-à-dire qu'il pourra faciliter l'arrivée d'un tiers, poursuit Daniel Sauvaget. L'objectif de la puissance publique comme du dirigeant, c'est de permettre « l'arrivée d'investisseurs nouveaux capables de financer un projet industriel viable sur le marché du poulet grand export », poursuit le communiqué. Mais quand bien même la demande de viande de volaille reste croissante dans le monde, l'Europe a-t-elle la capacité à continuer à la satisfaire ? Elle n'y est jamais parvenue en plus de trente ans sans restitutions à l'exportation. Les pouvoirs publics restent persuadés qu'en gagnant en compétitivité, les opérateurs français pourront maintenir voire développer leur business, leurs marques étant reconnues « dans plusieurs pays et notamment au Moyen-Orient », dit encore le communiqué. La situation reste fragile chez Tilly-Sabco dont les lignes ne tournent plus qu'à 60 % de leurs capacités depuis l'automne (620 000 poulets/semaine). Depuis le début de l'année, la direction a recours au chômage technique pour préserver l'emploi. Sans attendre l'arrivée de cet éventuel investisseur, Tilly-Sabco va réaliser, avec les 4 millions € d'avance remboursable, le programme d'investissements qu'il comptait réaliser en février avec l'emprunt obligataire. À savoir investir dans de la découpe pour la RHD et l'approvisionnement de réseau de points de vente Ecomiam (distribution de viandes, poissons, légumes et desserts congelés). Daniel Sauvaget en dispose actuellement de sept en propre dans l'ouest de la Bretagne. Il compte bien accélérer leur développement sous la forme d'une franchise.