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Budget 2014-2020 Pour 1 % du PNB européen...

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Le budget de l’UE, qui provoquait tant de tensions au moment où les chefs d’Etat et de gouvernement entamaient les marchandages sur les dépenses et les recettes pour la période 2014-2020, représente environ 1 % du PNB de l’ensemble des États membres, rappelait le député européen Guy Verhofstadt, qui parle de « débat ridicule ». Un débat qui, cependant, a influencé celui sur la réforme de la Pac (1). Et un débat qui, selon Xavier Beulin, le président de la Fédération française des syndicats d’exploitants agricole, « traduit l’état d’esprit de l’Europe ».

«Tout ce débat est ridicule. Nous parlons de 1 % du PNB de l'UE, c'est-à-dire moins que le budget de la Belgique ou de l'Autriche », a précisé l’ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt, chef de file des libéraux au Parlement européen. « Les budgets de l'Allemagne et de la France sont tous deux 8 à 10 fois plus conséquents que celui de l'UE ».
Joseph Daul, le président français du groupe démocrate-chrétien, avertissait, pour sa part que, avec un budget inférieur à 1% du PNB, « nous ne pouvons pas poursuivre les politiques actuelles ». En réponse, le Britannique Martin Callanan, président du groupe des conservateurs, a rejeté l’idée selon laquelle le budget communautaire est un budget d'investissement, car, explique-t-il, 40 % de l’enveloppe sont alloués aux subventions agricoles et 6 % aux charges administratives.

Trois camps fluctuants

Schématiquement, le débat budgétaire a confirmé l’existence de trois camps, certains États membres naviguant de l’un à l’autre :
– les partisans d’un budget très réduit : Danemark, Suède, Allemagne, Royaume-Uni, Autriche, Pays-Bas, Finlande ;
– les défenseurs de la politique de cohésion en faveur des régions les plus faibles : Pologne, Hongrie, Slovénie, Espagne, Portugal, Bulgarie, Estonie, République tchèque, Malte, Slovaquie, Lettonie, Italie, Grèce, Lituanie ;
– les défenseurs de la Pac : Belgique, Slovénie, Espagne, France, Portugal, Bulgarie, Autriche, Estonie, Malte, Italie, Irlande.

Préserver le budget de la Pac pour la réformer

« Est-ce que nous avons déjà vraiment pensé à ce qui arriverait s'il n'y avait pas une politique agricole commune ; si on avait la fragmentation du marché en Europe par 27 différentes politiques nationales pour l'agriculture ? », a demandé José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne. De son côté, l’Autrichien Hannes Swoboda, président du groupe socialiste du Parlement européen, estimait qu’il fallait préserver le budget de la Pac pour la bonne raison que, « si on réduit les dépenses pour l'agriculture, il n'y aura pas de réforme ».
Le Parlement européen devra donner – ou non – son aval à un accord des Vingt-sept sur le cadre financier de l’UE 2014-2020.

Aide aux plus démunis : préfère-t-on sauver les banques ?

Selon José Manuel Barroso, « couper dans la proposition de la Commission de créer un Fonds européen d'aide aux plus démunis, ce n'est peut-être pas grand-chose au niveau du montant global, mais c'est une différence dramatique pour les 116 millions d'Européens, dont 25 millions d'enfants, menacés de pauvreté ou d'exclusion sociale ».
La Commission suggère que cette aide, destinée notamment à la distribution de denrées alimentaires, soit financée par le Fonds social européen à hauteur de 2,5 milliards d’euros sur la période 2014-2020.
S’adressant aux députés européens, le président de la Commission s’est demandé « comment les Européens peuvent comprendre » que, « lorsqu'il y a des sommets à Bruxelles pour trouver des centaines de milliards d'euros pour sauver les banques, on arrive à un accord », mais que, « quand il s'agit de quelques millions pour aider les plus pauvres, on entend beaucoup plus de voix négatives que de voix positives ». « Comment peut-on comprendre cela ? », a-t-il insisté.
De même, pour Joseph Daul, il est inacceptable de toucher au programme d'aide aux plus démunis. « Cette ligne budgétaire est à 2,5 milliards d'euros sur sept ans, la réduire est exclu », juge le chef de file du groupe démocrate-chrétien du Parlement européen. Le ministre français de l'agriculture, Stéphane Le Foll, et la ministre chargée de la lutte contre l'exclusion, Marie-Arlette Carlotti, sont allés le 20 novembre plaider auprès des députés européens à Strasbourg pour le maintien d’une aide alimentaire aux plus démunis dans l’UE après 2013.

(1) Voir même numéro

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