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Lait Pour Bruxelles, pas de mesures de gestion supplémentaires pour le secteur laitier

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La Commission européenne a réservé à ce stade une fin de non-recevoir à des demandes de restitutions à l’exportation et, à plus long terme, de réévaluation des prix d’intervention pour soutenir le secteur laitier.

Lors du Conseil agricole de l’UE, le 18 juin à Luxembourg, les ministres de l’agriculture polonais et lituanien ont encore une fois plaidé pour l’instauration de mesures – restitutions à l’exportation et, à plus long terme, relèvement des prix d’intervention pour mieux tenir compte de la hausse des coûts de production – afin de soutenir le secteur du lait qui, ont-ils expliqué, connaît de nouveau une mauvaise passe.
Ces démarches ont été soutenues, à des degrés divers, par l’Espagne, la Lettonie, la Bulgarie, le Portugal, la Hongrie, la Belgique et la Slovénie. Pour sa part, Dacian Ciolos, le commissaire européen à l’agriculture, a essentiellement fait part de son intention de suivre de très près l’évolution du marché.

Situation compliquée pour le beurre
Ces derniers mois, la tendance positive sur le marché laitier s’est inversée et les prix se sont orientés à la baisse, a admis le commissaire européen. Cette baisse coïncide d’ailleurs avec la tendance saisonnière observée habituellement sur la production, qui d’ailleurs a été accentuée par une très importante hausse de la production dans les principales régions productrices de par le monde, a-t-il précisé, soulignant toutefois que la dernière moyenne pour l’UE du prix payé à la ferme était encore de 32 c/kg pour le mois d’avril, ce qui est nettement supérieur au niveau qu’on constatait en 2009 lors de la crise du lait.
En revanche, la situation concernant le beurre est plus compliquée car le marché mondial n’a pas pu constituer une porte de sortie pour la matière grasse, étant donné le grand différentiel de prix entre le beurre de l’UE et celui de la Nouvelle-Zélande en particulier, a poursuivi M. Ciolos, qui a chiffré à 29 % la baisse des exportations communautaires sur les trois premiers mois de 2012.

Restitutions à l’exportation : les conditions ne sont pas remplies
Jusqu’à présent, les opérateurs ont choisi de ne recourir qu’au seul stockage privé du beurre. Toutefois, les quantités qui étaient stockées la première semaine de juin ont commencé à diminuer par rapport à la semaine précédente, a également expliqué le commissaire à l’agriculture. Notant également qu’aucune offre n’a été présentée par les opérateurs à l’adjudication pour obtenir des restitutions à l’exportation, M. Ciolos a affirmé que les conditions pour réactiver celles-ci ne sont pas remplies, les exportations communautaires restant satisfaisantes et la faiblesse de l’euro face au dollar leur donnant un avantage compétitif.
À propos de la hausse des prix de référence et d’intervention pour le beurre et le lait écrémé en poudre évoquée pour le long terme par la Pologne et la Lituanie, la logique voudrait que, lorsqu’un déséquilibre apparaît sur le marché – dans le cas présent, une offre supérieure à la demande –, les acteurs du secteur prennent les mesures nécessaires pour retrouver l’équilibre, a fait valoir le commissaire européen. L’intervention publique est là pour aider le secteur lorsque les déséquilibres ne peuvent être résorbés, et ce n’est pas le choix de l’UE de considérer les instruments d’intervention comme un débouché à l’égal du marché.
M. Ciolos a conclu en plaidant pour une répartition plus équitable de la valeur dans la chaîne alimentaire et pour une meilleure coopération entre les producteurs, objectif que poursuit le récent « paquet lait ». Il revient aux Etats membres et aux producteurs d’effectuer les démarches nécessaires pour tirer parti des nouveaux outils mis ainsi à leur disposition, a-t-il insisté.

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