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Coop de France Pour des filières plus compétitives, les entreprises doivent grossir

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La coopération a fait de grands pas en avant ces derniers temps, notamment en procédant à des rapprochements entre coopératives ou à des acquisitions d’entreprises privées en France ou à l’international. Néanmoins, « nous manquons d’entreprises leaders et nous perdons des parts de marchés au profit de concurrents européens plus puissants que nous », a déclaré Philippe Mangin au congrès de Coop de France le 16 novembre à Paris.

Si le secteur coopératif peut s’enorgueillir de compter une quinzaine d’entreprises milliardaires en chiffre d’affaires, « soit le double d’il y a dix ans », ce n’est encore pas à la hauteur des défis de la mondialisation, selon le président Mangin qui a à nouveau prôné au congrès de son organisation Coop de France la recherche de la « taille critique ». La coopération a fait de grands pas en avant ces derniers temps, notamment en procédant à des rapprochements entre coopératives ou à des acquisitions d’entreprises privées en France ou à l’international, néanmoins, « nous manquons d’entreprises leaders et nous perdons des parts de marchés au profit de concurrents européens plus puissants que nous », a déclaré son président. Parmi les 15 premiers groupes coopératifs européens, on ne compte que cinq groupes français : hormis InVivo au 6e rang, Sodiaal au 10e, Terrena, Tereos et Axéréal en queue du peloton.
Plaidant pour d’autres concentrations, notamment dans le lait et la volaille, afin de parvenir à la taille critique nécessaire à la conquête des marchés, à l’innovation et au renforcement des fonds propres y compris par des capitaux externes, Coop de France ne défend pas pour autant le gigantisme. « Il est nécessaire aussi d’adapter nos entreprises à la segmentation croissante des marchés, à laquelle peuvent parfaitement répondre de petites coopératives », expliquait devant la presse son président la semaine dernière.
Les Français sont devenus « locavores » (partisans d’un approvisionnement de proximité) et il est opportun de développer aussi les circuits courts, selon Philippe Mangin.

Son organisation se mobilise aussi sur les questions de gouvernance et d’attractivité des coop chez les agriculteurs afin qu’on ne puisse plus dire que ces entreprises « échappent » au monde des producteurs. A leur intention, le président Mangin martèle la nécessité qu’il y a de renforcer leur organisation économique, notamment dans les filières animales en crise. Pour lui, « l’atomisation de la ferme France ne peut plus durer » et la solution des contrats inscrits dans la LMAP est la bonne. Le contrat coopératif l’avait anticipée en quelque sorte.

 

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C’est le moment d’investir

Le congrès, qui s’est ouvert sur les expériences de grandes coopératives allemande, italienne et néerlandaise à l’occasion d’une table ronde, a beaucoup traité de la PAC post 2013 : le contexte budgétaire est tel que les professionnels sont conscients que c’est aux exploitations et aux entreprises d’être de plus en plus compétitives. L’enjeu est avant tout d’obtenir des conditions d’exercice de leur activité le plus harmonisées possible au sein de l’Union européenne. A propos du rapport Rouault, qui a bien mis le doigt sur le problème, le président de Coop de France a resitué aussi la responsabilité du politique dans certains retards français, en particulier à propos de l’ostracisme envers les OGM. Il a enfin prôné « le mouvement » et incité les entreprises à « casser leur tirelire » afin d’investir et de mieux attirer de nouveaux capitaux sur de bons projets.