Il faut des politiques publiques en faveur des terroirs, mais sans l’étatisme des années 1970, ont réclamé la plupart des participants au Forum international des terroirs. Celui-ci s’est tenu le 26 juin à Beaumes-de-Venise (Vaucluse).
Pour Jean-Louis Rastouin, enseignant chercheur à Supagro de Montpellier, le modèle agro-industriel mis en place dans le monde il y a 50 ans atteint ses limites, car il est prédateur des ressources naturelles, creuse les inégalités entre les nations et à l’intérieur des nations, tout en entraînant d’un côté des carences alimentaires et de l’autre l’obésité, a-t-il décrit. Ne croyant pas à une rupture radicale avec ce modèle, Jean-Louis Rastouin estime plus probable un scénario de compromis, dans lequel les terroirs, encouragés par des politiques publiques, apporteraient plus de solidarité, d’écologie, de régulations et de développement local.
Même Tomas Garcia Ascarate, chef d’unité « produits horticoles » (au sens large, y compris fruits et légumes) à la Commission européenne, qui s’est fait l’écho de la politique d’inspiration libérale de Bruxelles, s’est prononcé pour une politique d’infrastructures de transport, notamment d’autoroutes ferroviaires allant de l’Andalousie aux Pays-Bas. Les politiques que rejette le responsable des produits horticoles de la Commission, ce sont celles qui, comme dans les années 1970, donnent à l’administration un pouvoir d’opérateur, qui achète et qui vend des céréales.
Cependant, nombreux étaient les participants qui ont appelé de leurs voeux des politiques d’accompagnement des terroirs, le seul marché n’étant pas à même d’assurer un revenu suffisant aux producteurs de produits de terroirs.
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Des terroirs en Afrique aussi
Visiblement détendu, dans le très beau cadre des Dentelles de Montmirail, non loin du Mont Ventoux, le ministre de l’Agriculture Michel Barnier est venu apporter son soutien à ce deuxième forum international des terroirs, en improvisant un discours très démarqué de son discours écrit. « Nous voulons regrouper les politiques d’accompagnement des démarches de qualité initiées par les producteurs,annonçait-il. C’est pourquoi avec l’Unesco, nous voulons être parmi ceux qui font la promotion des appellations d’origine ».
Il a proposé que l’UE mène des programmes de coopération en Afrique, autour de la notion de terroirs, sachant que c’est souvent en perdant leur culture alimentaire que les pays délaissent leurs cultures vivrières. « Faisons en sorte que ces pays ne repassent pas par nos erreurs », a-t-il conclu, faisant allusion au productivisme à outrance qui ne vise qu’à produire une alimentation « standardisée et aseptisée ». Terroirs et cultures a mis en ligne dès le 26 juin au soir les textes des
intervenants, les enregistrements sonores ainsi que les photos, sur .