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Filière viande Pour le Sniv, la filière entre dans une logique industrielle

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A travers plusieurs témoignages d’industriels, le Syndicat national de l’industrie des viandes a voulu démontrer que la filière de la viande est en train de s’adapter à une logique industrielle. L’adéquation entre l’offre et la demande est l’un des enjeux des acteurs du secteur, en prenant en compte les besoins du marché.

Réuni en assemblée générale le 30 septembre dernier, le Syndicat national de l’industrie des viandes a décidé de montrer comment la filière met en place une politique industrielle et non plus seulement agricole, comme l’a souhaité le syndicat l’année dernière. Se sont ainsi succédés plusieurs reportages témoignant du dialogue instauré entre les industriels et les fournisseurs pour une meilleure prise en compte des besoins du marché et des contraintes industrielles. Dans le même temps, avec leurs clients, les industriels développent la notion de produit-service : co-branding, conseils au circuit artisanal, réactivité logistique, mise en place de filières spécifiques… Jean-Paul Bigard, président du syndicat, l’a ainsi rappelé dans son rapport d’orientation. « On sort d’une économie de cueillette, de flux poussés où l’on “écoulait” la production. Aujourd’hui, les flux sont tirés par la demande, les besoins des marchés et nos contraintes d’organisation », a-t-il déclaré.

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« Déverrouillage idéologique »

Le syndicat a souhaité montrer comment les acheteurs et les fournisseurs peuvent prendre en compte le marché et ainsi réaliser une meilleure adéquation entre l’offre et la demande. Une étude du département économique et du service qualité des viandes de l’Institut de l’élevage, présentée en partie lors de cette assemblée, met en exergue ce problème autrefois tabou. Elle pointe du doigt des facteurs d’amélioration aussi bien quantitatifs que qualitatifs. C’est un message d’action qu’a voulu délivrer le Sniv. « Nous devons agir pour défendre nos parts de marché et redevenir leaders sur le marché européen. Nous devons agir parce que dans une économie ouverte, la stabilité n’existe pas : ou nous progresserons ou nous régresserons », insiste Jean-Paul Bigard. Les témoignages d’industriels ont également montré « un déverrouillage idéologique » concernant les liens entre les groupes privés et coopératifs. « Que les acteurs soient issus du secteur privé ou coopératif, ce n’est plus le sujet pour travailler ensemble. Aujourd’hui, sur le terrain, ce n’est pas le lien structurel qui définit la nature de la relation mais le choix d’acteurs économiques qui veulent travailler ensemble », souligne le président du Sniv… également président du groupe Bigard, repreneur récent du groupe coopératif Socopa.