Abonné

Union européenne Pour le sucre, pas de mesures de marché à ce stade

- - 3 min

Aucune mesure d'approvisionnement du marché communautaire du sucre n'est nécessaire pour l'instant, selon la Commission européenne. Un avis partagé par les États membres, et une déception pour les industries utilisatrices.

LA Commission européenne n'a pas mis au vote du comité de gestion du 27 mars l'ouverture d'une adjudication pour l'importation de sucre à droit réduit dans l'UE. Elle précise toutefois que son projet de règlement est prêt et peut être présenté à tout moment si nécessaire. Selon Bruxelles, il n'est pas utile à ce stade, compte tenu de la situation du marché, de déclencher cette mesure, et d'autoriser la commercialisation de sucre hors quota. Les stocks atteignent un « niveau élevé », à savoir 12,2 millions de tonnes en décembre 2013 contre 10,9 millions un an auparavant. De plus, les importations en franchise en provenance des pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) sont en progression de 19 % par rapport à la même période de 2013.

Industries utilisatrices : compenser le « déficit structurel » de l'UE

À l'inverse des betteraviers (1) et de plusieurs États membres, dont la France, l'Allemagne, la Pologne et l'Italie, le Comité européen des industries utilisatrices de sucre (CIUS) réclame « des mesures appropriées afin d'éviter des pénuries et garantir un niveau de stocks suffisant à la fin de la campagne en cours ». « Pour les trois dernières campagnes, le déficit structurel (de l'UE) a été compensé par des mesures de gestion du marché qui ont mis à la disposition des entreprises du secteur alimentaire et des boissons plus de 1 million de tonnes de sucre supplémentaires annuelles, tandis que les stocks finaux ont enfin atteint un niveau raisonnable », rappelle le CIUS, ajoutant que « les objectifs de compétitivité et de convergence des prix de la dernière réforme du régime communautaire du sucre sont loin d'être atteints ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre
... et assurer un stock final suffisant

À côté du « déficit d'approvisionnement inhérent au régime actuel », plusieurs facteurs pourraient conduire cette année à un niveau de stocks final plus bas que prévu, affirme l'industrie utilisatrice de sucre : le quota d'importation dit CXL (environ 600 000 tonnes chaque année soumises à un droit réduit de 98 euros par tonne) n'a atteint que 50 % de sa capacité, le volume de quelque 300 000 t dévolu au Brésil n'ayant pas été rempli ; les importations préférentielles au titre de l'initiative « Tout sauf les armes » ont « toujours été sur-estimées » ; la consommation de sucre au sein de l'UE pourrait encore augmenter, et les besoins devraient être revus régulièrement. Le stock de sucre prévu en fin de campagne, soit 2,2 millions de tonnes selon la Commission, est « limité », souligne le CIUS, alors qu'il « ne devrait pas descendre en dessous de 2,4 millions de tonnes ».

(1) Voir n° 3434 du 10/02/14 et n° 3436 du 24/02/14