La ministre de l’Écologie Ségolène Royal a annoncé le 6 septembre que des dispositions pour séparer conseil et vente des pesticides allaient être mises en place. L’annonce a fait réagir Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, qui a rappelé en conférence de presse le lendemain qu’il y a déjà une stratégie. Pour le monde agricole, l’annonce de Ségolène Royal, est à côté… des règlements en vigueur.
« Je vais proposer, en lien avec le ministère de l’Agriculture, les dispositifs pour séparer le conseil et la distribution des pesticides », a déclaré Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, en conférence de presse à Paris, le 6 septembre. Elle a rappelé que la mise en œuvre de ce dispositif est dans la feuille de route de la conférence environnementale d’avril dernier. La ministre a aussi souligné que cette séparation du conseil et de la distribution des pesticides est une demande forte du monde associatif. « En effet, nous demandons cette séparation depuis longtemps », confirme Denis Voisin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot. Sauf que le 7 septembre, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, a réagi autrement : « Je verrai Ségolène Royal sur ce sujet. Mais il y a déjà une stratégie. »
Responsabiliser plutôt qu’interdire
Coop de France a aussi réagi en suivant la ligne du ministère de l’Agriculture. « Nous avons une stratégie de responsabilisation de la vente et du conseil. Cette annonce (de la ministre) est à côté des réglementations en vigueur », affirme-t-on chez Coop de France, le 8 septembre. La loi d’avenir agricole et le plan Ecophyto 2, au contraire « renforcent » le conseil et responsabilise les acteurs. Une des mesures clés de cette stratégie sont les Certificats d’économie des produits phytos (CEPP). Plus ancien encore, la FNA (Fédération du négoce agricole), cite l’arrêté de 2013 qui fit suite au Grenelle II : « Depuis cet arrêté, les conseillers et les vendeurs ne peuvent pas être rémunérés sur le chiffre d’affaires des ventes. » Pour Denis Voisin, « c’est une avancée, mais c’est insuffisant. » L’association demande toujours une « séparation effective » du conseil et de la vente des phytos. En revanche, ils ne sont pas au courant des « dispositifs » évoqués (supplémentaires ?) par la ministre. Le débat ne date pas d’hier. Et Stéphane Le Foll rappelle la ligne de son ministère. « Celui qui vend peut se sentir déresponsabilisé s’il n’y a pas le conseil à donner en face », rappelle-t-il, le 7 septembre.
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Néanmoins, Ségolène Royal a aussi eu l’occasion de faire un bilan de l’action de son ministère en termes de pesticides. La loi biodiversité interdit l’utilisation des néonicotinoïdes à partir de septembre 2018 pour les professionnels. En outre, l’interdiction totale des phytos dans les espaces publics votée dans la loi de transition énergétique entrera en vigueur au 1er janvier 2017. Et concrètement, l’Agence française pour la biodiversité qui sera opérationnelle au 1er janvier 2017 (lire encadré) doit mettre en place la troisième vague de labellisation des communes « Terre saine » sans pesticides.
Coop de France : « Nous avons une stratégie de responsabilisation de la vente et du conseil »
L’Agence française de la biodiversité disposera de cinquante nouveaux agents
La ministre de l’Écologie Ségolène Royal a annoncé, lors d’une conférence de presse à Paris, le 6 septembre, que la loi biodiversité sera appliquée avant la fin de l’année. « Tous les décrets sont rédigés et seront rapidement publiés », a-t-elle expliqué. Une des mesures phares de la loi est la création de l’Agence française de la biodiversité. « Des moyens supplémentaires sont prévus : l’Agence disposera de cinquante nouveaux agents », développe-t-elle. L’AFB sera opérationnelle au 1er janvier 2017. Elle doit être « une référence institutionnelle en matière d’expertise, de pilotage, d’assistance et de contrôle » sur les dossiers biodiversité du pays.