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Pour les syndicats agricoles, des chiffres en « trompe l’œil »

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Le résultat «ne cesse de se dégrader depuis 2000», selon la FNSEA

La FNSEA estime que la hausse du résultat brut de la branche agricole est « un rattrapage en trompe-l’œil, qui ne compense même pas les pertes de 2016 ». « La situation est toujours critique pour beaucoup d’agriculteurs après plusieurs années de crises économiques, climatiques et diplomatiques », avance le syndicat. « Depuis 2000, le résultat brut de la branche agricole ne cesse de se dégrader » ; sur une base 100 en 2000, l’indice est inférieur à 90 en 2017, estime-t-elle. Le syndicat majoritaire craint que l’avenir ne permette pas de redresser cette courbe, mettant notamment en avant les accords de libre-échange en cours de négociation.

«La situation se détériore inexorablement», estime la Coordination rurale

Les hausses du revenu agricole par actif « ne font que nous ramener au piètre niveau de 2015, sans parvenir à éponger les pertes abyssales de 2016 », a prévenu la Coordination rurale dans un communiqué de presse, jugeant que « les agriculteurs ne vont pas mieux ». « Au-delà des variations interannuelles, la situation des agriculteurs se détériore inexorablement », a renchéri François Lucas, représentant de la CR à la CCAN. « Le malade est placé sous monitoring mais les médecins refusent de lui donner le seul remède efficace : des prix rémunérateurs », ajoute-t-il en estimant que « les illusions des États généraux de l’alimentation ne tarderont pas à s’évanouir ».

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La Conf' met en avant «la poursuite de la diminution des actifs»

Pour la Confédération paysanne, les chiffres annoncés montrent avant tout une « poursuite de la diminution des actifs tant paysans que salariés ». « La valeur brute de la production, toutes branches confondues, continue tendanciellement de baisser » et les « revenus prévisionnels de 2017 ne combleront pas la chute de 2016 », constate le syndicat qui juge donc que « la situation ne s’améliore pas réellement ». « Tout cela dessine un paysage opposé au discours de Rungis mais en parfaite cohérence avec le projet de loi agriculture et alimentation qui ne rompt pas avec un système pourtant à bout de souffle », estime l’organisation.

La comparaison avec 2016 n'est pas pertinente, pour les producteurs de grandes cultures

La comparaison avec l’année 2016, « catastrophique pour les producteurs de grandes cultures, n’est absolument pas pertinente », affirment les organisations syndicales des producteurs de grandes cultures (blé, maïs, betterave, oléoprotéagineux) affiliées à la FNSEA, dans un communiqué commun. Le chiffre d'affaires des producteurs de grandes cultures, de 14 milliards d’euros, reste inférieure de 10 % par rapport à la moyenne 2014-2015 en raison de prix très bas, indiquent-elles. Dans ce contexte, les producteurs de grandes cultures « réaffirment qu’ils ne peuvent pas supporter de nouvelles charges ni de nouvelles contraintes ». Or, les décisions faisant suite aux États généraux et à la feuille de route sur les produits phytosanitaires, « les augmentent encore de plusieurs centaines de millions d’euros ».