« Nous sommes pétrolifères. Nous avons tous des molécules d’hydrocarbures dans nos sangs, nos graisses, nos cerveaux », comme l’ont montré de nombreuses études, a lancé l’universitaire Gilles-Eric Séralini (connu pour ses recherches sur les OGM) en présentant le 6 février à Paris, dans le cadre du salon Vivez Nature, son dernier livre intitulé Nous pouvons nous dépolluer. Il n’y a pas, selon lui, un lieu sur terre qui ne soit pas pollué. La pollution concerne l’eau, l’air, les sols et les aliments. C’est une situation inédite. « On n’a jamais autant épuisé nos ressources, on n’a jamais autant pollué nos ressources », poursuit le chercheur. Ces pollutions provoquent une « crise de la vie sur terre » avec la disparition rapide de nombreuses espèces et particulièrement celle des « grands mammifères en haut de la chaîne alimentaire ». A la pollution chimique s’ajoute aujourd’hui la pollution génétique. Or, on manque de recul pour connaître les effets des OGM. « Aucun gouvernement n’a été capable d’imposer plus de trois mois de tests sur les rats », a sévèrement critiqué l’auteur. Pour lui, une nouvelle médecine doit voir le jour. Elle n’en est encore qu’à ses balbutiements, comme les antibiotiques au début du XX e siècle dans la lutte contre les microbes. Le chercheur l’appelle « l’écomédecine du XXIe siècle» ; elle consiste à stimuler le système de détoxification de l’organisme (certaines cellules jouent le rôle d’éboueurs). Mais elle ne fonctionnera que si l’on arrête « l’inondation » des produits polluants.
Nous pouvons nous dépolluer, Gilles-Eric Séralini, Editions J. Lyon, 327 pages, prix public 19 euros.Restez au courant en temps réel !
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