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Sommet du végétal Pour Orama, produire plus et mieux, c’est possible

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Au Sommet du végétal de Dijon, les responsables des grandes cultures ont insisté sur la nécessité de ne pas lâcher sur la production et de faire reconnaître les avancées en matières environnementales dans les pratiques des agriculteurs.

Se donner les moyens de produire plus tout en produisant mieux. Telle était l’ambition du Sommet du végétal les 18 et 19 janvier à Dijon. Mais est-ce vraiment possible ? « Oui, il sera possible de produire plus », affirme Philippe Gate, directeur scientifique d’Arvalis, même si les changements climatiques compliquent la donne pour les cultures d’hiver comme le blé et le colza. Mais il faut s’en donner les moyens et agir sur tous les leviers. « Au niveau de la sélection, la transgénèse ouvre des possibilités hors de l’Europe, mais ce n’est pas le modèle miracle, souligne Claude Tabel, sélectionneur chez RAGT. Nous fondons beaucoup d’espoir sur les programmes de recherche en génomique tels que Amazing ou Breedwheat et les programmes public/privé. » D’ailleurs, le chercheur fait remarquer que contrairement aux idées reçues, les variétés récentes sont les plus rustiques, « l’année 2011 en a été la démonstration ».

Meilleure efficience

Concernant l’irrigation, Jean-Paul Renoux, ingénieur de l’Inra, insiste sur le rôle de l’irrigation dans le maintien d’une population agricole sur des petites structures et la très forte amélioration de l’efficience de l’eau d’irrigation, de l’ordre de 20 % ces vingt dernières années, grâce aux outils d’aide à la décision. « L’irrigation permet surtout de stabiliser les rendements, ce qui est le meilleur moyen d’éviter les fuites de nitrates », souligne-t-il. Là encore, en fertilisation azotée, les méthodes d’ajustement de la dose d’azote ont permis de rendre les apports plus efficaces.

Occuper le terrain juridique et médiatique

Pourtant, ce message d’amélioration des techniques agricoles ne passe pas. On accuse toujours les agriculteurs de mettre trop d’azote, d’eau ou de pesticides, ce qui se traduit par le slogan du ministère de l’Ecologie « Moins, c’est mieux ». « Si la France est capable de fournir son industrie meunière, amidonnière et exporter la moitié de sa production de blé, c’est parce qu’elle a un taux de protéines de 11,5 %. Si on impose une baisse d’azote systématique, c’est fini », s’inquiétait Rémy Haquin, président de la section céréales de FranceAgriMer.
« Les exploitants agricoles sont la cible de la réglementation. Celle-ci révèle une forme de défiance à leur encontre », soulignait Maï le Prat, avocate au Barreau de Paris et spécialiste du droit environnemental. « Pour la contrer, il faut agir en amont par l’action syndicale, et en aval en faisant exercer les voies juridiques qui nous sont offertes. C’est ce que font vos détracteurs. » Elle insiste sur la nécessité d’agir très vite, d’occuper le terrain judiciaire et médiatique. « Ne laissez pas vos adversaires occuper ce terrain-là », conseillait-elle. « Nous devons savoir vendre ce que l’on a déjà fait comme avancées sur les questions environnementale, ajoutait Olivier Daugé, agriculteur représentant la profession à l’Agence de l’eau Seine-Normandie. Tous les écologistes ne sont pas extrémistes, certains sont capables d’entendre nos arguments. »

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