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Élevage Pour répondre à la demande des éleveurs, la paille doit circuler sur toute la France

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En France, les zones de production de paille ne sont pas celles des zones d’utilisation par les animaux d’élevage. Pour autant, la France produit suffisamment de paille afin de satisfaire les différents débouchés. Mais la méthanisation pointe son nez et pourrait remettre en question cet équilibre.

«La production potentielle de paille coupée couvre largement, au niveau national, les besoins en paille pour le logement des animaux, mais ce n’est pas le cas au niveau régional », relève Agreste. En effet, la production française de paille est évaluée à 25,5 millions de tonnes, ce qui correspond au double des besoins en paille pour les litières des animaux (12,1 millions de tonnes en 2008). Par contre, une partie de cette production n’est pas exploitable puisqu’elle est réenfouie afin de maintenir la fertilité des sols. De plus, elle n’est pas uniformément répartie sur tout le territoire. « Le tiers de cette production est ainsi assuré par les régions Centre, Picardie et Champagnes Ardennes. Tandis que le sud de la France, à l’exception de la région Midi-pyrénées, ne contribue presque pas à la production de paille », note Agreste. Certaines régions, comme l’Auvergne ou le Limousin, disposent d’une production équivalente, voire légèrement inférieure à la demande. A l’inverse, les régions de Bretagne, Pays-de-Loire, Midi-Pyrénées, Basse-Normandie et Poitou-Charentes sont les 5 premières régions les plus utilisatrices de paille pour l’élevage en France.

Moins de paille utilisée pour l’élevage en 8 ans
L’élevage bovin est le plus grand consommateur de paille (80% de la paille utilisée en élevage) du fait probablement du recours fréquent aux litières paillées (87%). L’utilisation moyenne de paille par animal était en 2008 de 760kg par bovin, 130kg par ovin, 315 kg par caprin et 409 kg par porcin. « La différence observée entre les ovins et les caprins est essentiellement due à une durée d’hébergement plus importante pour ces derniers », explique Agreste. Par ailleurs, « la quantité de paille utilisée pour le logement des animaux a diminué entre 2001 et 2008 d’environ 10% », passant de 12,9 millions en 2001 à 11,5 millions. Cette diminution est probablement due, selon Agreste, à la diminution de 9% du cheptel français. Elle touche plus fortement les ovins (-19%) et les caprins (-14%) que les porcins (-9%) et les bovins (-3%). Agreste constate également que « l’utilisation moyenne de paille par animal a progressé », dopée par les bovins (+165kg). Le mode de stabulation, aire paillée intégrale, semble en être à l’origine puisqu’il est passé de 38% à 55% en huit ans. À l’avenir, une concurrence accrue en termes d’approvisionnement en paille pourrait se développer avec la méthanisation. Déjà les litières des chevaux, les champignonnières ou la pâte à papier étaient des utilisateurs non négligeables.

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