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Annick Castelain, P.-d.G. de la brasserie Castelain « Pour s’en sortir, il faut le bon produit, dans le bon format via la bonne filière de distribution »

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Pour cette brasserie qui surfe sur le créneau des bières de spécialités, notamment avec la Cht’i et la Maltesse comme marques emblématiques, 2008 restera longtemps dans les mémoires. Le film Bienvenue chez les Ch’tis lui avait en effet permis d’augmenter ses volumes fabriqués de 25% ! La fièvre « Ch’ti » désormais retombée, la PME lensoise doit faire face à la concurrence exacerbée de la part des majors. Pour Annick Castelain, seules l’innovation et la recherche de nouveaux marchés permettent à l’entreprise d’asseoir son développement dans un marché globalement en stagnation, voire régression. Selon elle, « dans toutes les périodes de crise, il ne faut pas baisser les bras et continuer à avancer ».

Quels sont les leviers de croissance pour la brasserie Castelain ?
Notre taille nous oblige à nous démarquer des groupes internationaux. Ce n’est que par l’innovation et la recherche de nouveaux marchés que nous pouvons nous singulariser. Nous venons de sortir la Ch’ti et la Maltesse en 33 cl, référencées par quasiment toutes les enseignes. L’an passé, c’était la Jade, notre bière bio, que nous avons proposée en pack de 6x25 cl. Un format qui représente désormais 62% des ventes de Jade. Pour s’en sortir, une PME comme la notre doit mettre sur le marché le bon produit, dans le bon format et via la bonne filière de distribution.
 
Dans un marché en stagnation voire en régression, comment pouvez-vous assurer votre développement ?
Nous travaillons sur de nouveaux marchés. Que ce soit dans le créneau des CHR, où nous ne sommes pas suffisamment présents, ou à l’export sur des marchés émergents. C’est une façon d’aller chercher de nouveaux volumes. Mais ces investissements, longs et coûteux, ne peuvent être rentabilisés qu’au bout d’un an ou deux.
On investit en permanence alors qu’en parallèle nos marges se réduisent : c’est compliqué ! Mais, c’est la vraie problématique de nos PME.
 
Quels sont les principaux risques pesant sur votre activité ?
Nous subissons comme tout le monde une forte hausse des matières premières comme le malt ou les bouteilles. En moyenne, la hausse sur l’ensemble de nos intrants a été de 9% durant le premier semestre 2012 comparativement à la même période 2011. Nous n’avons pas pu répercuter cette hausse, ce qui réduit fortement nos marges.
 
Qu’attendez-vous des pouvoirs publics ?
Nos entreprises ont plus que jamais besoin de stabilité juridique, sociale et fiscale. Nous avons dû gérer cet été une première modification des heures supplémentaires en juillet puis une seconde en août : ça devient de plus en plus complexe… à tel point que nous sommes obligés de sous-traiter l’établissement des fiches de paie à l’extérieur.
Les pouvoirs publics s’apprêteraient également à doubler les taux d’accises en 2013. Les brasseries ne pourront absolument pas supporter une telle hausse des droits d’accises représentant aujourd’hui 10% du prix de vente.
 
Vous parliez des nouveaux marchés. Où en êtes vous des efforts que vous déployez pour faire connaître votre bière aux USA ?
Notre importateur américain a suscité le brassage de quelque 200hl produits en collaboration avec la brasserie familiale « Two Brothers » de Chicago. Ils ont été vendus durant l’été de chaque côté de l’Atlantique. C’est un événementiel qui nous a permis de nous faire connaître sur place et d’engager un vrai courant commercial pour l’ensemble de notre gamme.
Pour pouvoir continuer à exister demain, il faut en effet que nous soyons innovants, que nous assurions une présence commerciale avec des animations, de la communication. C’est notre seul moyen d’exister demain face aux grands groupes qui ont beaucoup plus de moyens que nous.

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