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« Pour une agriculture du vivant » souhaite bâtir une RSE

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L’association Pour une agriculture du vivant (PADV), présentée comme une plateforme de collaboration autour de l’agroécologie, s’engage dans la RSE (responsabilité sociétale des entreprises), a-t-elle indiqué le 22 mai.

L’association Pour une agriculture du vivant (PADV) va lancer une démarche RSE « dans les deux ou trois prochaines années », a déclaré Jean-Philippe Quérard, son président, lors de l’assemblée générale le 22 mai. « Nos membres pourront ainsi communiquer sur leur engagement dans cette transition » agroécologique. PADV, dotée d’un budget de 1,5 M€, compte moins de 300 membres : 250 agriculteurs et près d’une cinquantaine de membres, pilotes (dont l’industriel Pasquier, l’enseigne U, le restaurateur Flunch) et soutiens. Des effectifs qu’elle souhaite doubler avant fin 2019, tripler pour 2020.

L’association, lancée il y a un an, mène notamment un projet de structuration de filières agroécologiques en cultures d’industrie, soutenu par FranceAgriMer. Il s’agit entre autres de réaliser des expérimentations agronomiques à grande échelle en pomme de terre, carotte et betterave. Sept metteurs en marché sont en parallèle mobilisés « avec un objectif d’ici trois ans de lever les verrous techniques pour avoir des produits en magasins, dans les restaurants », a indiqué la directrice Anne Trombini. Sur le terrain, PADV s’appuie sur un réseau de patatiers innovants. Leurs techniques reposent sur l’agroécologie, dont les trois piliers sont des sols peu travaillés, toujours couverts et l’agroforesterie, d’après Konrad Schreiber, chef de projet à l’IAD (Institut de l’agriculture durable). Du Finistère aux Hauts-de-France, 30 agriculteurs sont formés, 60 s’y intéressent, a-t-il énuméré, comptant aussi des sélectionneurs. « D’ici dix ans, on aura 100 000 ha de pomme de terre sans travail du sol en France », parie Konrad Schreiber.

La question du label en suspens

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Reste la question du lancement ou non d’un label, que l’association avoue n’avoir pas tranché. Son ambition reste de « communiquer auprès du consommateur sur les bienfaits de l’agroécologie », a déclaré Jean-Philippe Quérard. Pour autant, « faut-il créer un label de plus ? On n’en est pas convaincus ». La première étape est donc de s’appuyer sur la RSE. La seconde viendra quand PADV disposera de « volumes de production suffisants ». Plusieurs stratégies sont alors envisagées. L’une serait de créer un label sur l’agroécologie avec tous les acteurs, privés et institutionnels, d’après lui : « Ça n’a de sens que si plusieurs labels se fondent dans ce projet commun. » Autre idée, une signature autour de tous les bénéfices de l’agroécologie : cette démarche viendrait souligner les labels existants. Dernière piste, le QR code, étant entendu qu’« on ne peut pas lutter contre la multiplication des labels ».

Un objectif de 100 000 ha de pomme de terre d’ici 10 ans