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Stratégie/Financement Pour Unigrains, la fidélité à ses clients fait sa force

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Unigrains, partenaire de référence des entreprises du secteur agroalimentaire et agro-industriel français, vient de fêter ses 50 ans mais se projette déjà dans l’avenir, « car pour être gagnant, il faut voir très loin », nous explique Philippe Pinta, son président. L’objectif pour les années à venir est de poursuivre son travail de veille pour identifier les opportunités de demain, notamment dans les secteurs d’avenir que sont la chimie verte, la nutrition, mais aussi les marchés internationaux.

Fondé en 1963 par les céréaliers français, toujours actionnaires majoritaires aux côtés des principales banques nationales, Unigrains se veut le partenaire de référence du capital investissement dans l’agroalimentaire français. Au 31 décembre dernier, les chiffres consolidés du groupe (1) faisaient état d’un encours de participations de 390 M€ et des concours financiers de 70 M€. Pour la seule année 2012, les investissements ont représenté une enveloppe de 88 M€, tandis que les désengagements n’excédaient pas 9 M€. « Nous investissons des sommes comprises entre 500 K€ et 50 M€, pour des montants globaux variant selon les années entre 70 et 100 M€, restant pratiquement toujours minoritaires, précise Philippe Pinta. Ce sont principalement des petites et moyennes entreprises, qu’il s’agit d’accompagner dans leur développement ou des acquisitions. Actuellement nous détenons environ 170 participations. L’une de nos originalités est de faire un travail de capital investisseur sur le long terme. La fidélité à nos clients est une de nos forces et nous voulons la conserver. Nous suivons certains de nos clients parfois depuis 30 ans, avec des allers et retours ».

Le projet et le dirigeant au cœur de notre analyse

Cette politique fait qu’Unigrains finit par bien connaître les hommes qui opèrent dans le monde agroalimentaire, ce qui est primordial dans la prise de décision pour une intervention financière. « Ces 50 années d’expérience nous donnent une réelle légitimité pour analyser les marchés et les acteurs, ajoute Jean-François Laurain, directeur général délégué. Ce qui nous guide dans nos choix de financement est bien évidemment le projet, mais surtout l’entrepreneur et les équipes qui portent ce projet, avant que d’analyser le business plan. Nous adaptons alors notre investissement au temps de réalisation de ce projet ». Unigrains ne souhaite pas mettre d’argent là où il n’y a pas de perspective. « En aucun cas, nous ne nous impliquons dans le retournement de sociétés en difficulté, précise Philippe Pinta. Cette importance portée aux hommes est sans doute ce qui explique que nous avons eu peu de casse dans nos investissements ». Ceci explique également qu’Unigrains ne veuille pas se substituer aux dirigeants dans la gestion de leurs affaires, mais seulement leur faire part de conseils pour les orienter dans leur stratégie. L’expérience d’Unigrains a donné également à ses collaborateurs une véritable connaissance des territoires et un réseau de contacts dont ils peuvent faire bénéficier les industriels en quête de développement.

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Unigrains accompagne les entreprises à tous les stades de la chaîne agroalimentaire depuis l’amont jusqu’à l’aval et tous les secteurs connexes. « La logistique alimentaire est importante pour nous, car elle fait partie des métiers de l’agroalimentaire. Nous avons ainsi participé en 2012 à l’aménagement du capital de la holding de contrôle de Stef. Nous nous intéressons aussi à la restauration classique (Flo) ou rapide (Class’croute) et regardons de très près ce qui se passe actuellement dans la distribution par internet. Regardons par exemple la progression d’Amazon aux États-Unis sur ce plan, précise Jean-François Laurain. Nous pouvons leur apporter des contacts et notre expertise sectorielle des marchés des matières premières ».
Pour les années à venir, le groupe entend surveiller de près les secteurs opérant dans les technologies innovantes, notamment pour une agriculture de précision ou par exemple l’analyse foliaire des plantes. La nutrition et tous les domaines touchant à la santé alimentaire est également un segment à surveiller, des opportunités de développement y étant nombreuses. Tout ce qui est lié à la chimie verte est également un secteur d’avenir. « Nous avons pris une participation au sein du fonds d’amorçage Sofinnova Green Fund, dans le secteur de la chimie verte, lancé par la société de capital risque Sofinnava Partners basée à Paris et rayonnant sur toute l’Europe », précise Jean-François Laurain.

S’ouvrir davantage à l’international

Pour Philippe Pinta, l’un des rôles d’Unigrains est « d’aider à l’émergence des leaders de demain, pas seulement nationaux mais aussi sur les marchés internationaux. Il y a un vrai marché à l’export avec une population qui va atteindre 9,5 milliards d’individus à court terme ». Il existe actuellement en France des entreprises qui ont des difficultés de reconversion, mais la solution peut exister dans la croissance des autres régions du monde. « Le potentiel existe dans les zones proches des grandes villes qui vont profondément modifier leurs habitudes alimentaires, notamment en Afrique, Asie ou Amérique latine», précise Jean-François Laurain. Unigrains a ainsi posé des jalons pour être présent dans ces régions d’avenir au travers d’accords de prise de participation dans des fonds étrangers dédiés à l’agroalimentaire « avec lesquels nous avons un relationnel fort ». C’est ainsi que des accords ont été conclus avec Agram Invest au Maroc, Phatisa en Afrique du sud pour l’Afrique sud-saharienne, Aqua Capital basé au Brésil et rayonnant sur l’Amérique latine ou SEAF India pour l’Inde. « Dans ce dernier pays, les entreprises sont très intéressées par nos techniques de transformation, comme la meunerie par exemple, car il existe une forte demande concernant nos normes sanitaires, nos connaissances en matériel et technologies. Nous pouvons créer ainsi un réseau de compétences avec ces partenaires et en faire profiter les industriels français et étrangers ». Unigrains a également un représentant en Chine. « Nous devons être mobiles et attentifs et demeurer constamment en veille», conclut Jean-François Laurain. Cela permet également de renforcer l’expertise d’Unigrains dans le domaine des études économiques, les tendances de consommation, la veille stratégique et réglementaire et les scénarios de prospective et analyses des orientations politiques économiques, tant en France que dans le monde. Une facette souvent méconnue de ce groupe qui n’est pas seulement un bras armé financier.

(1) Unigrains complète son offre par ses deux filiales : Céréa Partenaire, créée en 2004, spécialisée dans les financements mezzanine et la transmission majoritaire d’entreprises et Messis Finances, créée en 2007 pour le conseil en fusions et acquisitions.